Exercice Vulcain, la réserve puissance mille
Texte : Capitaine Julie Travers
Publié le : 23/03/2026.
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Du 25 au 31 octobre 2025, la 4e brigade d’aérocombat a organisé un exercice d’ampleur baptisé Vulcain. Un millier de militaires, dont 80 % de réservistes, se sont mobilisés pour répondre en Haute-Loire à une menace terroriste fictive dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire.
28 octobre, 9 heures
À la centrale électrique de Monistrol-d’Allier, des soldats à l’allure étrange (représentant la force adverse) se rassemblent. Qui sont-ils ? Le capitaine François donne ses dernières instructions à la force adverse. Trois sections de réservistes jouent le rôle de l’ennemi.
« Ils sont indispensables pour l’entraînement de six compagnies » précise-t-il. Trois jours durant, trente-six vignettes d’exercices réalistes ont rythmé le quotidien de dizaines de villages habituellement paisibles.
9 heures 30
L’intrusion est détectée par un drone. Immédiatement, un groupe de fantassins est déployé. Les commandos ennemis font feu. Les balles pleuvent ; un soldat gît au sol. Un trinôme riposte, un autre en profite pour extraire le blessé de la zone dangereuse selon la technique du pick and run.
Vingt minutes plus tard, la Quick Reaction Force est déclenchée et la force adverse neutralisée. Au total, 19 unités de réserve sont évaluées en interne par leur régiment respectif sur le concept commun de combat terrestre (C3T).
20 heures
Au centre opérations (CO), armé en grande partie par des réservistes, la tension est palpable. De nombreux incidents ont cadencé la journée : colis piégés, caches d’explosifs, actions de feu.
La météo se dégrade, une tempête est en approche. Dans une salle dédiée à cet effet a lieu le point de situation quotidien des opérations. Debout, des examinateurs prennent des notes et observent. L’activité du CO est passée au peigne fin.
29 octobre, 11 heures
Les rues sont jonchées d’étuis de plusieurs calibres. Trente minutes plus tôt, un village perché à 1000 mètres d’altitude a été le théâtre d’un combat intense. De nombreux habitants ont assisté à ces scènes inédites.
"Waouh ! " : au survol d’hélicoptères de combat fusent des interjections admiratives.
14 heures
À l’étang du Chevalier, deux groupes de réservistes patientent. La veille, une tempête a détruit les ponts. En appui, une unité du génie met en place un moyen léger de franchissement. Les soldats atteignent la berge opposée.
« L’expertise du personnel d’active fait monter en compétence nos réservistes », explique le directeur de l’animation. Ici, l’hybridation active-réserve prend des formes concrètes, indispensables à l’instruction.
30 octobre, 7 heures
Militaires d’active et de réserve de l’armée de Terre, gendarmes ou bien encore sapeurs-pompiers sont réunis pour le rehearsal du scénario final. Les contours du bourg de Pressat sont dessinés à la craie. Au centre, les commandants d’unités et chefs de détachement répètent une dernière fois la manœuvre interministérielle et peaufinent les ultimes détails.
10 heures
À Pressat, l’assaut final est lancé. Sous les yeux de la population et des autorités, les militaires appuient les gendarmes afin de neutraliser l’adversaire. Les détonations couvrent à peine les cris des blessés. Sur le pas d’une grange, un ennemi tente un dernier coup d'éclat... en vain.