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Construire une tranchée de combat en Estonie

Texte : Capitaine Vincent Moulai

Publié le : 12/01/2026 - Mis à jour le : 26/01/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 5 minutes

À quelques kilomètres de la ville de Suure-Jaani, au sud-ouest de l’Estonie, une section de sapeurs français du bataillon multinational de l’Otan en Estonie a été engagée sur un chantier unique : la construction d’une tranchée de combat, selon les normes locales, pour l’Estonian Defence League. Cette unité de réservistes et de volontaires bénéficie ici d’infrastructures d’entraînement modernes, nées de la coopération entre les forces françaises et estoniennes.

26 août, 8 heures

Le chantier prend forme. L’EGRAP (engin du génie rapide de protection) démarre le travail sous l’œil vigilant d’un sapeur en gilet de sécurité. Chaque coup de godet est minutieusement calculé, la tranchée doit respecter des cotes précises : 2 mètres de profondeur et 1,20 mètre de large. La coordination entre le conducteur de l’engin et son guide est essentielle pour obtenir un tracé régulier et précis. Plus loin, d’autres sapeurs préparent les armatures en bois qui viendront consolider les parois de la tranchée. 

10 heures

Le lieutenant Julie, chef de la section génie du détachement français, échange avec le sergent-chef Välba, instructeur estonien de l’École du génie située à Tapa. Après avoir tracé les repères de la tranchée la veille, ils vérifient ensemble la profondeur de l’ouvrage. C’est un moment-clé car la section du génie applique les méthodes estoniennes pour garantir la solidité de la structure.

17 heures

Les sapeurs installent des renforts de bois en fixant aux planches des poutres avec du fil de fer. Cette phase est indispensable pour assurer la tenue des parois et éviter les risques d’effondrement. Les armatures, préparées en amont, sont mises en place section par section, avec la rigueur nécessaire pour garantir la sécurité des futurs occupants de la tranchée, notamment les volontaires de l’Estonian Defence League (EDL).

18 heures

Les deux EGRAP ont pour mission de niveler les abords de la tranchée. Pendant ce temps, les sapeurs renforcent la structure avec des poutres. La tranchée prend lentement forme et l’ensemble commence à ressembler à une véritable installation défensive. Une fois terminée, cette tranchée pourra accueillir un groupe de combat et intégrer un poste de tir, ainsi qu’un abri protégé.

28 août, 9 heures

 Le sous-officier estonien présent pour superviser le dispositif met l’accent sur la consolidation du poste de combat et de l’abri. Les sapeurs installent des grumes (troncs encore couverts d'écorce) entières et des madriers (planches épaisses ou poutres) pour renforcer le boyau et lui permettre de résister aux conditions les plus extrêmes, y compris les menaces aériennes comme les drones. La mise en place est fastidieuse mais cruciale pour que la tranchée puisse remplir sa fonction de défense.

16 heures

 Après 4 jours de travail intense, les sapeurs français ont creusé plus de 50 mètres de tranchée, dont une vingtaine ont été solidement renforcés avec des madriers de bois. Le chantier touche à sa fin, et les équipes estoniennes peuvent désormais prendre le relais. Grâce aux efforts des Français, les volontaires de l’EDL ont une infrastructure prête à l’emploi pour leur préparation opérationnelle. Ce chantier incarne parfaitement la coopération entre la France et l’Estonie. Chaque étape a permis de renforcer les capacités des forces locales, tout en partageant des compétences et des savoir-faire. « Les militaires estoniens pourront désormais s’entraîner dans des conditions plus réalistes, et la coopération entre alliés continue de se solidifier. » Sergent-chef Valba, instructeur génie pour les forces armées estoniennes.

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