Stage Caméléon : l'art du camouflage
Texte : Lise Jugon
Publié le : 03/11/2025.
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Ces dernières années, les drones ont envahi les terrains de guerre à une vitesse vertigineuse. En réponse à cette nouvelle menace aérienne, le 2e régiment étranger d’infanterie a organisé un stage sur mesure à Nîmes pour apprendre à ses combattants l’art du camouflage revisité.
Ces dernières années, les drones ont envahi les zones de combat à une vitesse fulgurante. En Europe de l’Est, leur présence constante rend désormais presque impossible toute dissimulation, que ce soit sur la ligne de front ou en base arrière. Selon les retours d’expérience, ces engins seraient responsables de près de 75 % des pertes humaines.
Conscient de cette évolution du champ de bataille, le 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) a lancé à Nîmes une formation inédite dédiée à la lutte anti-drone. Conçue sous la direction du lieutenant-colonel Louis, alors chef du bureau opérations et instruction du régiment, le stage Caméléon vise à perfectionner les réflexes de camouflage des soldats pour contrer la surveillance aérienne.
Apprendre à disparaître
Pendant dix jours, une quinzaine de cadres – commandos, tireurs d’élite ou opérateurs de missiles antichar – se sont entraînés sur le camp des Garrigues à Nîmes. Pour ces légionnaires, dont 90 % du travail repose sur le renseignement, la discrétion est vitale.
Appuyé par l'expertise en infiltration d'un ancien opérateur du 13e régiment de dragons parachutistes, les stagiaires ont affiné leurs techniques de dissimulation :
- perfectionnement du port de la ghillie suit (tenue de camouflage naturelle) ;
- adaptation des motifs aux couleurs de l’environnement ;
- utilisation de capes thermiques pour réduire la signature infrarouge et tromper les capteurs des drones ;
- mise en œuvre de bâches bariolées pour masquer les véhicules.
Ingéniosité et autonomie
Le capitaine Ludovic, chef de la cellule innovation du 2e REI, insiste sur la créativité tactique. Les participants apprennent ainsi à concevoir leurs propres dispositifs de camouflage : fausses pierres en plâtre dissimulant capteurs et caméras, peinture adaptée aux armes et optiques, postures atypiques pour casser la silhouette.
Lors des exercices nocturnes, les fantassins ont mis en pratique ces enseignements : postés pendant huit heures à 500 mètres de leur objectif, ils sont restés indétectables malgré le survol répété d’un drone.
Le camouflage, première ligne de la lutte anti-drone
Dans un contexte où la riposte révèle souvent la position du tireur, l’invisibilité devient une arme. La capacité à se fondre dans l’environnement constitue désormais une forme de protection aussi précieuse que les systèmes de défense active.
Les cadres formés transmettront à leur tour ce savoir-faire au sein de leurs unités, renforçant ainsi l’expertise du 2e REI, qui ambitionne de devenir référent dans le domaine du camouflage opérationnel et d’ouvrir la formation à d’autres régiments de l’armée de Terre.