Dora: une jeune beagle au 132e régiment cynotechnique
Texte : Aspirant Joséphine de Swardt
Publié le : 29/07/2026 - Mis à jour le : 11/08/2026.
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Au 132e régiment d’infanterie cynotechnique, les chiens de berger sont légion. Pour les renforcer dans l’aide à la recherche et détection d’explosifs, Dora, une beagle de deux ans, a intégré les rangs en avril 2024.
Au centre d’un terrain à Suippes, dans l’est de la France, 7 valises sont alignées. Devant elles, Dora, une jeune beagle agite joyeusement la queue. Sa mission : marquer la valise contenant des traces d’explosifs. En quelques dizaines de secondes, le jeune chien repère le bagage piégé et s’assoit devant, attendant patiemment les consignes de son maître.
Ce résultat est le fruit de deux ans d’expérimentation menée par le 132e RIC pour élargir le panel de races aptes à l’aide à la recherche et détection d’explosifs (Arde). L’objectif était de trouver une race de chiens de plus petite taille que les traditionnels bergers malinois, tervuren, hollandais et allemands, offrant ainsi « une grande plus-value dans certains terrains peu accessibles », déclare le sergent-chef Clément du bureau opérations instruction.
Après deux années d’apprentissage, Dora est aujourd’hui certifiée et prête à être déployée sur le territoire national ou à l’étranger. Son adaptabilité, héritée de ses aptitudes de chien de chasse, la rend apte à évoluer en milieu militaire sur les différents théâtres d’engagement de l’armée de Terre. « J’ai la chance d’être le seul à travailler avec un beagle.» , déclare son maître, le caporal-chef Jean.
Cette innovation pourrait, à terme, conduire à l’intégration de plusieurs beagles au sein du régiment, appelés ensuite à rejoindre les compagnies de combat aux côtés des chiens de berger.
L’équilibre physique et psychologique
Dora a été formée six mois pour accéder au premier niveau opérationnel lui permettant d’être déployée sur le territoire national. Deux ans sont nécessaires pour valider le deuxième niveau qui ouvre aux opérations extérieures. Tout au long de leur entraînement, les chiens apprennent à repérer les substances explosives et l’armement puis à les marquer de manière passive : « Ils s’assoient devant l’objet piégé pour le signaler à leur maître ».
Ces phases d’exercice sont ponctuées de moments de sport et de jeu qui permettent de garder l’équilibre physique et psychologique de l’anima. « Tout comme n’importe quel soldat dans l’exercice de ses fonctions », indique le sergent-chef Clément. Les chiens représentent aussi un atout utilisé au profit des régiments du génie.
Lors des missions, ils sont envoyés en avant sur l’objectif, soit en liberté guidé à la voix, soit au pointer laser ou encore en laisse. L’expertise cynotechnique du 132e RIC s’étend à deux autres spécialités : l’aide à la détection et à la neutralisation d’humains et l’aide à la recherche et à la détection de stupéfiants. Au total, 400 chiens travaillent à la défense et à la sécurité du territoire, dans ce régiment unique en France.