ARF, à quoi ça sert ?
Texte : Capitaine Julie Travers
Publié le : 01/07/2026 - Mis à jour le : 02/07/2026.
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Au 1er juillet 2026, l’état-major de la 3e Division prendra le commandement de la composante terrestre de la force de réaction alliée (ARF) de l’Otan. Ce dispositif, d’abord dissuasif, vise à déployer une force multinationale en dix jours.
Depuis deux ans, la 3e Division, basée à Marseille, transforme son état-major en poste de commandement de composante terrestre (LCC) pleinement compatible avec les standards de l’Otan. Premier enjeu : rendre ses systèmes d’information interopérables afin d’armer un poste de commandement apte à s’intégrer au dispositif de l’Alliance. « Il nous a fallu comprendre puis apprendre la complexité des systèmes de l’Otan afin de mieux pouvoir y connecter nos propres systèmes nationaux, ce qui a représenté un défi technique sans précédent », explique le général de division Éric Ozanne, commandant la 3e Division, et qui commandera le LCC durant un an. Cette “otanisation” ne se limite pas à la technique, elle passe aussi par la formation, avec « cinq ou six militaires en permanence en stage dédié ». Elle impose enfin une bascule linguistique, une appropriation doctrinale et une coordination renforcée : « Le recours à l’anglais et la nécessité de synchroniser de nombreuses nations imposent un rythme et une rigueur de coordination accrus », précise le général.
Un signalement stratégique
L’ARF n’est pas qu’un outil de combat, elle incarne également la détermination des nations de l’Otan. Elle couvre tout le spectre des opérations (de la stabilisation à la haute intensité) et peut déployer différents modules, des éléments de reconnaissance jusqu’à une force complète, pour émettre un ʺsignalement stratégiqueʺ. L’objectif est de démontrer aux compétiteurs que l’Alliance est en mesure de projeter, dans des délais très courts, une force cohérente et intégrée dans tous les domaines (terre, mer, air, forces spéciales). Cette capacité s’exerce aussi bien dans la zone Otan que partout où ses intérêts pourraient être menacés. Si la décision d’engagement relève du niveau politique, l’efficacité et le pouvoir dissuasif de cette force reposent sur la conduite d’exercices d’ampleur, comme Steadfast Dagger mené en Norvège, ou en novembre 2026, Cold Response en Suède en mars 2026 ou bien encore Steadfast Dart prévu en février 2027.
Phases et exercices majeurs
L’infographie présente une frise chronologique horizontale allant de 2024 à 2027, avec une lecture de gauche à droite. Elle distingue les phases de préparation et de prise d’alerte, ainsi que les exercices majeurs associés.
Phases
Phase 1
Préparation technique (Creval)
Juin 2024 → Juin 2025
Phase 2a
Préparation collective & certification
Juillet 2025 → Décembre 2025
Phase 2b
Préparation alerte & interopérabilité
Janvier 2026 → Juin 2026
Phase 3
Prise d’alerte
1 juillet 2026 → 30 juin 2027
Exercices majeurs sur la frise chronologique
2024
Monsabert 24
Novembre – décembre 2024
2025
Battle zone 1
Juin 2025
Steadfast cobalt
Octobre – novembre 2025
Steadfast dagger
Novembre – décembre 2025
2026
Battle zone 2
Février 2026
Steadfast deterrence
Mai 2026
2027
Steadfast dart
Février 2027
Description visuelle utile
Les phases 1, 2a et 2b sont représentées par des flèches horizontales vert foncé. La phase 3 est représentée par une flèche rouge, signalant la période de prise d’alerte.
La frise inférieure est une grande flèche horizontale qui évolue du vert/gris vers le rouge à l’approche de 2027. Des lignes verticales pointillées marquent les changements d’année : 2025, 2026 et 2027.
Un motif camouflage apparaît en bande décorative sous la frise.
La french touch de l’Otan
Au cœur de la dynamique de standardisation portée par l’Otan, la France apporte une plus-value opérationnelle significative. Forte de son expérience acquise sur de multiples théâtres d’engagement et de sa capacité d’adaptation, elle s’est distinguée lors des exercices de certification : « Nos partenaires ont été impressionnés par le niveau tactique des Français, notamment dans les scénarios de crise complexe », souligne-t-il. Prendre le commandement de la composante terrestre de l’ARF mobilise pendant une année complète des moyens importants : cinq mille militaires, sept pays alliés (Turquie, Espagne, Pologne, Grèce, Lituanie, Royaume-Uni et Macédoine du Nord) et plus de trois mille véhicules. Jusqu’en juin 2027, la France sera, aux côtés de deux nations alliées (Royaume-Uni et Italie), le cœur battant de l’ARF : « D’ici là, nous mentorons la division espagnole qui nous succédera au 30 juin 2027 », conclut le général Ozanne.