Signature d'engagement pour les officiers sous contrat
Texte : Lise Jugon
Publié le : 03/11/2025.
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Le samedi 6 septembre, dans la cour d’honneur de l’École militaire à Paris, une nouvelle promotion d’élèves officiers sous contrat (OSC) a signé son engagement dans l’armée de Terre. Ce moment officiel marque le passage de la vie civile à la vie militaire pour ces jeunes hommes et femmes aux parcours variés, unis par un même choix : celui de servir la France.
8 heures
La cour pavée de l’École militaire se remplit doucement. Les premiers élèves arrivent, tailleur et costume bien ajustés. Tous déclinent leur nom à l’officier qui les accueille, puis rejoignent les rangs. C’est un jour solennel. Parmi eux, Franck, 24 ans, le seul à venir de l’île de la Réunion. « C’est un rêve d’enfant qui se réalise », affirme-t-il, un large sourire barrant son visage. Après une licence de langues étrangères appliquées et un ʺbachelorʺ en commerce, il a préparé pendant un an le concours d’officier sous contrat encadrement avant de venir à Paris. À 18 ans, il voulait déjà s’engager, mais ses parents l’ont poussé à d’abord faire des études. Après son diplôme, son rêve de porter l’uniforme était toujours intact.
9 heures
Les élèves se dirigent vers la cour intérieure pour la répétition de la cérémonie avant l’arrivée des familles et des hautes autorités. Tout doit être parfait et les encadrants veillent au grain. Franck, lui, n’est pas stressé. Il retrouve quelques visages connus. Comme beaucoup de futurs élèves officiers présents, il a effectué une préparation militaire supérieure pour s’immerger dans le milieu. Tous échangent, partageant la même excitation. D’ici quelques mois, certains seront officiers sous contrat encadrement, d’autres encore pilotes. Franck pour sa part, a choisi de devenir officier encadrement, afin de commander une section de 15 à 30 soldats dans une unité opérationnelle.
10 heures 30
Place au silence. Dans la cour, les élèves sont alignés au garde-à-vous. Les premières notes de la fanfare retentissent à l’arrivée de Patricia Mirallès, ministre déléguée auprès du ministre des Armées, et du chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée Pierre Schill. Rang par rang, avec gravité, les élèves marchent jusqu’aux tables où reposent les fameux contrats. Leurs pas résonnent sur les pavés. Enfin, chacun signe son engagement pour la France. Franck, concentré, avance à son tour. « Pour moi, servir mon pays, c’est représenter ses valeurs et le protéger. » Dans le public, les proches sont attentifs. Beaucoup sont venus de loin pour assister à cet événement.
11 heures 30
Le Cemat prend la parole devant l’assemblée, rendant hommage à l’engagement de cette nouvelle promotion composée de 142 OSC encadrement et 34 officiers pilotes. « Vous serez les gardiens de l’héritage légué par vos aînés de la Grande Guerre », souligne-t-il. Leur formation leur transmettra la discipline, la rigueur et l’expérience du terrain, autant de qualités indispensables à l’exercice de leurs futures responsabilités. Le général Schill insiste sur l’importance du sens du commandement, de la force de l’exemple et de la fidélité aux valeurs républicaines. Pour lui, cette cérémonie ne marque pas seulement l’aboutissement d’un long parcours de formation, mais surtout le point de départ d’un engagement qui dépasse chacun d’eux. Revêtir l’uniforme bleu horizon de l’École des aspirants de Coëtquidan (EMAC), c’est endosser la responsabilité exigeante de devenir des officiers incarnant à travers leurs actes, l’honneur de l’armée de Terre.
12 heures
Quand la cérémonie s’achève, les élèves quittent les rangs pour rejoindre leurs proches. Les accolades sont longues, les sourires chargés d’émotion. Tous se sont mis sur leur trente-et-un pour honorer cette journée. Franck s’avance vers sa famille. Henri serre son fils dans ses bras. « C’est une grande fierté de le voir ici ! » Lou-Anne, sa sœur, le prend en photo, le sourire aux lèvres. Tous deux sont arrivés, il y a quelques jours de La Réunion, spécialement pour l’occasion.
14 heures
Après un temps d’échanges convivial entre les familles et les nouveaux élèves officiers, les cadres partagent leur expérience avec les élèves. Puis, ces derniers sont appelés à se mettre en rang. C’est le moment du départ et des séparations. Certains proches essuient leurs larmes, d’autres ne cachent pas leur fierté. Franck et ses camarades partent pour un an à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (AMSCC) dont fait partie l’EMAC. Chacun suivra ensuite une formation différente en fonction de sa spécialité. La cour se vide progressivement. Rang par rang, les futurs officiers se dirigent vers les cars, sac à dos à l’épaule. Ils sont appelés un par un à monter dans les véhicules. Direction la Bretagne.