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Dans l’ombre des opérations, la mission d’un cartographe militaire

Texte : Capitaine Stéphanie Rigot

Publié le : 25/02/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

À 24 ans, le 1re classe Frédéric, cartographe au 28e groupe géographique (28e GG), a vécu sa première mission opérationnelle au sein des forces armées en Guyane. Affecté en mission de courte durée au 9e régiment d’infanterie de Marine (9e RIMa) à Cayenne, il a mis ses compétences au service des forces engagées.

Intégré au centre des opérations Harpie du 9e RIMa, le 1re classe Frédéric a participé à la mise à jour des données géographiques liées à l’orpaillage illégal : sites, chantiers, campements, caches, itinéraires empruntés par les patrouilles ou zones de dégrad (lieu de mise à l’eau d’embarcation à l’aménagement rudimentaire voire inexistant). 

Les informations proviennent des unités engagées sur le terrain et doivent être précises, géolocalisées et fiables. Dans le cadre de l’opération majeure régimentaire Indochine, qui s’est déroulée fin 2025, son travail s’est concentré exclusivement sur les zones d’opérations en cours, afin de fournir une vision actualisée de la situation tactique. 

Déployé à Maripasoula dans l’Ouest guyanais avec le poste de commandement principal, le jeune cartographe a eu un lien direct avec l’environnement opérationnel, à peine plus d’un an après son engagement dans l’armée de Terre. « Partir aussi rapidement en mission, c’est marquant, reconnaît-il. La Guyane est souvent une première expérience pour les jeunes cartographes. »

En Guyane, la carte prend une autre dimension. « J’ai une vision géométrique de la donnée, mais ici je peux confronter ce que j’incrémente dans les cartes à la réalité du lieu. C’est très enrichissant. » La carte n’est jamais figée. Elle évolue au rythme des opérations, des patrouilles et des informations remontées du terrain. 

« Voir de mes propres yeux si une zone est praticable, à quoi ressemble un saut (rapide-rocheux d’un fleuve) ou un itinéraire en jungle, ça change complètement la perception. Je vois enfin à quoi correspond réellement la donnée que j’intègre dans les cartes. On passe de la carte au terrain. » 

Un engagement réfléchi

Au 28e GG, deux spécialités structurent le régiment : cartographe et topographe. Le jeune soldat a choisi la cartographie, un domaine qui correspond à son profil. « Mon rôle, en tant que cartographe, c’est de produire des cartes à partir de données géographiques fiables, pour aider les autorités et les unités à prendre les meilleures décisions. » 

Titulaire d’une licence en langues étrangères appliquées, il assume un tempérament davantage tourné vers la réflexion que l’effort physique. « Je suis plus quelqu’un d’intellectuel, dit-il en souriant. Ce qui m’attirait au 28e GG, c’était ce côté "régiment de spécialistes", avec une forte dimension de planification et d’analyse. » Il ajoute que son attrait pour la géographie ne date pas d’hier. 

 Avant son départ pour la Guyane, le 1CL Frédéric a suivi une préparation spécifique : un mois de vectorisation sur logiciel, puis deux semaines de formation aux prérequis du combattant (tir, NRBC, sensibilisation cyber). 

« La Guyane est une mission exceptionnelle, mais qui se déroule dans un environnement hostile. Il faut être prêt et bien préparé ». Chaque jour passé à Maripasoula et à Cayenne lui a permis de gagner en expérience et en assurance. 

« J’ai énormément appris. J’optimise maintenant ma manière de travailler et j’ai découvert le fonctionnement opérationnel d’un centre de commandement ». À l’issue de cette mission, une participation à l’exercice Orion 2026 pourrait prolonger cette première immersion. Le passage du certificat militaire élémentaire est aussi prévu à son retour, afin d’accéder au grade de caporal. 

Au cœur de l’opération Indochine, et durant sa mission de courte durée, le 1CL Frédéric a ainsi posé les bases de son jeune parcours militaire, convaincu que chaque donnée géographique traitée peut, sur le terrain, faire la différence.

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