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Capitaine Gabriel, chef de section à l'Ecole spéciale militaire

Texte : Tanguy de Maleissye

Publié le : 30/03/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

À trente ans, le capitaine Gabriel a quitté les rangs du 41ᵉ régiment de transmissions pour rejoindre l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Chef de section à l’École spéciale militaire, il encadre les jeunes sous-lieutenants dans leur dernière année de formation. Il incarne ainsi l’esprit de transmission au cœur de l’apprentissage des futurs officiers.

À l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, la troisième année marque une étape décisive : les élèves deviennent officiers. C’est à ce moment-clé que le capitaine Gabriel intervient pour donner un dernier vernis à leur formation. « Ce ne sont plus des étudiants, mais des jeunes sous-lieutenants, explique-t-il. Mon rôle est de leur transmettre la manière d’être du chef, la posture de l’officier, celle qui les suivra tout au long de leur carrière. » 

Après plusieurs années au 41e régiment de transmissions, où il était notamment chargé de l’encadrement des formations générales initiales puis de spécialisation, il devient en 2025 chef de section à l’École spéciale militaire. Il y commande une trentaine de jeunes Saint-Cyriens français et étrangers. Il les suit dans toutes leurs activités quotidiennes : des cours académiques aux exercices de terrain. Observateur attentif et guide pointilleux, il veille à la cohérence de leurs savoir-faire et à la solidité de leurs valeurs. 

« Sur le terrain je les accompagne, je corrige, je conseille. Je souhaite qu’ils soient prêts à leur tour à commander, à incarner ce qu’ils auront vu ici », résume-t-il. Au cours de cette dernière année avant la division d’application, puis l’intégration en régiment, ils deviennent de plus en plus autonomes. La transmission passe autant par la technique que par l’exemplarité.

L'écoute et la rigueur

Le "cadre de contact" est pour les élèves un repère, un modèle au quotidien. Le capitaine le sait : chaque geste, chaque mot, chaque décision compte. « Je peux m’attendre à ce qu’ils reproduisent plus tard tout ce que je fais aujourd’hui. » L’exemplarité devient une responsabilité. Il faut incarner, dans la vie quotidienne comme sur le terrain, les valeurs qui définissent un chef. Grâce à l’expérience acquise en régiment et en opération, il mesure l’importance d’être exigeant, bienveillant et de chercher à se dépasser. Son rôle va au-delà de la simple instruction militaire. 

Le capitaine Gabriel se doit d’instaurer une proximité avec sa section tout en maintenant une certaine distance de subordination liée à sa fonction. Il s’agit d’accompagner en confiance ces jeunes chefs dans leur construction personnelle et professionnelle : leur apprendre à décider, à douter parfois et donc à faire preuve de discernement. À travers la diversité des parcours des cadres de contact, les élèves découvrent la pluralité des armes, des spécialités et des styles de commandement. « Ils doivent observer, comparer et construire leur propre manière de commander », poursuit-il. 

À l’issue de cette année, chacun choisira l’arme dans laquelle il servira. Dans cette mission de formation, l’écoute et la rigueur se conjuguent. « Ils attendent beaucoup de leurs cadres, c’est normal, reconnaît le capitaine. Ils se préparent à devenir des officiers de l’armée de Terre. » Beaucoup apprécient les mises en situation de commandement, tirés d’exemples opérationnels de leur cadre, parce qu’ils reflètent la réalité du quotidien d’un chef de section. 

Former et se former

Encadrer les futurs chefs, c’est aussi s’interroger sur sa propre pratique. Le capitaine Gabriel le reconnaît volontiers : la mission de chef de section est un exercice d’humilité et de remise en question. « Nous devons être aussi exigeants avec nous-mêmes que nous le sommes avec eux. Chaque jour, je me demande si mon attitude correspond à ce que je veux leur transmettre, et c’est une saine pression : ils nous observent, ils s’inspirent, c’est à nous de leur montrer la voie. »

Le brassage des cultures d’armes au sein de l’AMSCC lui permettra par ailleurs de revenir en régiment avec une culture militaire plus dense. En formant les chefs de demain, le capitaine prolonge à son tour la chaîne de commandement qu’il a connue. À travers lui, toute la tradition de Saint-Cyr continue de s’écrire : celle d’une armée où le savoir-faire s’allie au savoir-être, et où l’exemple demeure la première des leçons. 

« C’est un honneur de pouvoir retourner à Coëtquidan et donner ce que j’ai reçu, conclut-il. Je tire une grande satisfaction de voir progresser et s’épanouir les jeunes officiers. » 

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