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L'escadron de drones de chasse

Texte : La rédaction

Publié le : 08/06/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Au cœur des développements capacitaires de l’armée de Terre, les drones font l’objet de multiples expérimentations au sein des unités. Parmi celles-ci : l’escadron de drones de chasse du 1er régiment d’infanterie marine. Le lieutenant- colonel Rémy, chef du bureau opération instruction du régiment répond à nos questions.

Comment est né l’escadron de drones de chasse ?

L’observation des conflits récents souligne le retour d’une guerre de position plus statique, la dilution des troupes sur le terrain pour limiter les effets des tirs, et un recours massif aux drones et aux munitions téléopérées (MTO). Fort de ce constat, le 1er régiment d’infanterie de marine (1er RIMa) a cherché à développer une unité capable de relancer l’action sur le champ de bataille, de percer un dispositif défensif lorsque les unités faisaient face à un blocage tactique.

En juin 2025, nous avons déployé un prototype d’escadron de drones de chasse (EDC) en Estonie durant l’exercice Hedgehog afin de prouver la pertinence du concept. À l’issue, le commandement du combat futur (CCF) nous a mandaté pour poursuivre cette expérimentation jusqu’à l’été 2026. Nous éprouvons la doctrine et testons les équipements qui nous ont été confiés après la phase de contractualisation avec les industriels.

Nous avons ainsi mené de multiples entraînements du niveau individuel jusqu’au niveau escadron, à Canjuers, au centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (Cenzub) et au centre d’entraînement au combat (Centac) où l’EDC a commandé la force adversaire ou bien encore au cours de l’exercice Orion 26.

Quelles sont les missions de l’escadron ?

L’EDC a pour but de provoquer un effet de sidération chez l’adversaire en désorganisant sa chaîne de commandement dans la profondeur tactique. Il vise par ailleurs à combler le vide laissé par le recentrage de l’artillerie sur la longue portée. Il intègre différentes briques technologiques innovantes. L’intelligence artificielle de détection, reconnaissance, identification qui permet de gagner en létalité et en mobilité. Le pilotage assisté par ordinateur qui offre la possibilité à un seul opérateur de mettre en vol plusieurs drones. Enfin, le guidage terminal autonome qui accroît la réactivité dans le ciblage des objectifs. Le chef tactique a la main sur plusieurs systèmes de drones : acquisition et surveillance, largage de charges utiles, frappe avec des MTO.
 

Quelles sont les perspectives d’évolution du projet ?

Le 1er RIMa travaille en étroite collaboration avec la division doctrine du CCF et les divisions étude et prospective des écoles d’application de cavalerie et d’infanterie afin de livrer à court terme un rapport d’expérimentation qui permettra à cinq régiments (RICM, 35e RI, 5e RD, 7e BCA, 4e RCh) mandatés par le CFOT, de mettre en œuvre ce concept au cours de l’année. A moyen terme, l’escadron devra relever le défi d’être pleinement opérationnel en remplaçant les drones FPV 1 par des MTO. Enfin, l’EDC travaillera à la survivabilité des équipages en intégrant des véhicules terrestres porteurs de drones. 

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