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Thiphaine Verley, productrice de la chaîne youtube Military Machine

Texte : Lise Jugon

Publié le : 18/03/2026 - Mis à jour le : 24/07/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

À l’ère du numérique, l’armée de Terre, engagée dans une dynamique continue de modernisation, exploite les nouveaux canaux de communication. Pour Tiphaine Verley, productrice de Military Machine, les acteurs civils actifs sur les réseaux sociaux représentent des relais de premier choix pour appuyer sa stratégie.

Les réseaux sociaux sont devenus l’un des moyens les plus efficaces pour rapprocher les forces armées des citoyens. Tiphaine Verley, productrice de la chaîne YouTube Military Machine, animée par Romain Doublet et axée sur les chars d’assaut et les véhicules blindés, souligne l’importance de ce lien. Des plateformes comme YouTube ou TikTok offrent en effet aux armées la possibilité de dialoguer directement avec la Nation et de nourrir ce rapport au public à travers des contenus institutionnels. 

Toutefois, comme elle le rappelle : « Les abonnés aux comptes officiels de l’armée de Terre sont déjà un public convaincu. » Dés lors, afin de toucher une audience plus large, le recours à des collaborations avec des acteurs civils apparaît comme un levier déterminant. 

La chaîne Military Machine a ainsi coproduit plusieurs vidéos publiées sur le compte Youtube dédié au recrutement de l’armée de Terre. Ces contenus, à la fois pédagogiques et accessibles, permettent de présenter les forces armées sous un autre jour. 

Dans les entrailles du Caïman : Military Machine à bord du géant du ciel de l’armée de Terre !

Audio : Musique d'action épique en fond sonore.

Succession rapide de plans montrant un hélicoptère militaire de transport NH90 (surnommé Caïman), de couleur camouflage. Il vole au-dessus de paysages forestiers, atterrit sur une piste, puis l'image coupe sur le youtubeur Romain (Military Machine) équipé d'un casque à l'intérieur de l'hélicoptère en plein vol.

Romain : Là, c'est incroyable, je suis donc à la place du "mec nav" (mécanicien navigant).

Coupe sur une discussion dans l'hélicoptère au sol entre Romain et Sébastien, un mécanicien.
Maréchal des logis Sébastien : Ma spécialité est en avionique. Avionique, tout simplement, c'est électrotechnicien sur NH90.

Coupe sur un autre mécanicien, Grégoire, dans un hangar.]
Maréchal des logis Grégoire : Moi, je suis mécanicien cellule et moteur au 1er RHC (Régiment d'Hélicoptères de Combat).

Vue subjective depuis le cockpit de l'hélicoptère en plein vol.
Capitaine Samuel (Pilote) : Un jour mon père a vu un article dans le journal et je me suis dit : Écoute, tente ta chance. Je suis allé frapper à la porte de l'armée de Terre et j'ai postulé pour devenir pilote d'hélico, et ça a marché.

Retour sur Sébastien dans l'hélicoptère au sol.
 

Maréchal des logis Sébastien : Tous les matins quand je rentre à l'atelier, ah, j'ai la banane, quoi.

La musique s'arrête. Romain, le présentateur, se tient debout dans un vaste hangar de maintenance devant un imposant hélicoptère NH90. Un texte à l'écran indique NH-90.
Romain : Alors, bonjour à tous. Aujourd'hui, on se retrouve au 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat. Ce que vous voyez juste derrière moi, c'est un NH90, plus précisément ce qu'on appelle le Caïman. En vrai, il est énorme, je voyais ça beaucoup plus petit. Bon, on va aller à l'intérieur directement et retrouver Sébastien qui va nous parler de son métier. Allez, suivez-moi !

Succession de courtes séquences où Romain découvre l'hélicoptère de près, s'assoit dans le cockpit et met un casque de communication. Un écran de transition affiche un fond jaune fluo avec le texte : LES MÉTIERS DE L'AÉROCOMBAT. PEUX-TU LE FAIRE ?. Romain rejoint ensuite Sébastien à l'arrière de la cabine de l'hélicoptère.

Romain : Bon alors Sébastien, est-ce que tu peux nous expliquer quel est ton travail au sein du 1er RHC et surtout qu'est-ce que tu fais aujourd'hui sur le Caïman ?
Sébastien : Alors, je suis maréchal des logis Sébastien, du coup je suis militaire au 1er régiment d'hélicoptères de combat. Ma spécialité est en avionique. Avionique, simplement, c'est électrotechnicien sur NH90. Sur hélicoptère en général, mais je suis spécialisé sur le NH90. Et voilà, tout simplement, je répare et je veille à ce que les hélicos soient en bon état de forme pour voler et accomplir toutes les missions qu'ils ont besoin de réaliser. Tout simplement.
Romain : Tout simplement... Déjà tu vois tous les câbles là, je pense qu'on est loin du tout simplement pour être honnête, mais c'est fou.

Plan rapproché sur un épais faisceau de câbles électriques bleus et rouges fixés au plafond de l'hélicoptère.

Sébastien : Ce sur quoi, du coup, on va travailler aujourd'hui... En fait le NH90, il est auto-dégivré. Donc les pales sont chauffées, les pales principales comme les pales arrière. Et on a également un horizon à l'arrière qui gonfle avec un boudin afin de casser le givre accumulé pour, tout simplement, ne pas perdre sa forme aérodynamique. Donc ces câbles qu'on voit là, ils montent au rotor principal et ils vont venir chauffer les pales.
Donc là, c'est une machine qui part dans un environnement chaud, du coup on n'a pas besoin d'avoir tout ce système de dégivrage. Donc on vient retirer ces câbles qui montent jusqu'au rotor et qui viennent à ces boîtes-là, qu'on appelle des PDU (Power De-icing Unit).

Romain : Et du coup, qu'est-ce qui te passionne, toi, dans l'hélico ? Pourquoi tu es ici en gros ?
Sébastien : Ah ben déjà, c'est extraordinaire. C'est une machine, c'est incroyable je dirais.
Romain : Ah, c'est incroyable.
Sébastien : Non mais c'est fou, c'est une machine qui vole, ça peut aller jusqu'à 11 tonnes 6, et ça vole sur place. Enfin, c'est incroyable. Tous les matins quand je rentre à l'atelier, ah, j'ai la banane, quoi.
Romain : Ah, même là tu l'as, donc c'est que c'est sympa ! Mais je te cache pas que j'aimerais bien être à ta place. Je pensais pas que c'était comme ça, moi je connais pas trop l'hélicoptère et quand je l'ai vu, je me suis dit : "Mais c'est pas un hélicoptère ça, c'est trop gros !" Et c'est fascinant de se dire qu'on a ça au sein de l'armée de Terre en plus.
Sébastien : Oui, bien sûr. Alors du coup, ce qu'on va faire, c'est qu'on va enlever ces petits caches juste ici sur les PDU pour libérer les câbles, et une fois que ce sera fait, on aura tout ce câblage-là qui pendra le long du moyeu rotor, et après on pourra l'extraire par le haut.
Romain : OK, exact. Bon ben il n'y a plus qu'à.

Sébastien, aidé de Romain, commence à dévisser de petits connecteurs électriques au plafond à l'aide d'un tournevis.

Romain : Ah c'est marrant, en fait vous détaillez tout, quoi. Est-ce qu'il y a un couple de serrage ici par exemple ?

Sébastien : Partout, partout. Sur chaque élément, on a un couple de serrage. Tu vois là par exemple, on a déposé les capots de plafond qu'on appelle les "ceiling soundproofing", et bien chaque vis de chaque capot, de chaque élément, a un couple de serrage bien précis. Donc soit fixe, soit avec une plage, et on doit le respecter.

Romain : Ouais, c'est sérieux hein. Bon et du coup, pourquoi tu es dans les hélicos ?

Sébastien : Alors, j'y suis arrivé un peu par hasard. J'ai commencé une première STI2D, mais honnêtement l'école, ce n'était pas forcément fait pour moi. J'avais vraiment envie de travailler de mes mains, de réfléchir à des systèmes, etc. Donc j'ai entendu parler d'une école qui s'est montée à Bourges, qui s'appelait à l'époque le CETAT (Centre d'enseignement technique de l'armée de Terre) [Note incrustée à l'écran : "Actuellement : École Militaire Préparatoire Technique. J'ai postulé, ça s'est bien passé. Donc je suis la première promo d'une école qui a été créée en 2018.

Romain : Ah ouais, c'est ça.

Sébastien : Donc je suis rentré à 17 ans à l'armée, j'ai fait un CAP aéro, un bac pro aéro et après une mention complémentaire. Donc là j'étais formé d'un point de vue technique. À l'issue de ça, je suis parti à Saint-Maixent pour faire ma formation de base militaire, parce qu'il ne faut pas oublier qu'on est quand même des militaires avant tout. Et après ça, je suis arrivé dans ce régiment et j'étais opérationnel pour travailler sur hélicoptère. La voie classique c'est : on rentre à Saint-Maixent après le baccalauréat, et on part 13 mois à Rochefort pour faire sa formation de maintenancier.
Romain : Ouais, c'est intéressant. En plus je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas ça, c'est que là en fait tu es vraiment armée de Terre. Ce sont des hélicoptères, mais au sein de l'armée de Terre.

Sébastien : Bien sûr, bien sûr.

Les deux hommes continuent de retirer délicatement le faisceau de câbles.

Romain : Tout ce qui est autour là, même tout à l'heure juste avant, on vérifiait un petit peu sur le tableau...

Sébastien : C'est une des qualités nécessaires à la maintenance aéronautique. Donc, évidemment beaucoup de rigueur, de précision et de suivi dans ces pièces, parce qu'on est obligé de tout suivre avec rigueur justement pour ne rien laisser de côté, ne rien oublier, et pas faire d'erreurs.

Sébastien : C'est un hélicoptère de transport de troupes, donc c'est quand même assez imposant. Donc on a quand même la place de mettre les équipements, contrairement à certains hélicos comme par exemple le Tigre, où là c'est encore un peu plus technique parce que c'est sur une petite surface. Tout est condensé, tout est serré, donc pour la maintenance c'est une autre paire de manches. Mais ce sont deux métiers similaires avec leurs spécificités différentes.

Romain : Parce que toi du coup, tu es que sur le Caïman, là, ou tu fais tous les hélicoptères de l'armée de Terre ?

Sébastien : Non, j'ai une formation de base pour être maintenancier aéronautique, et après on se spécialise sur un hélico, ce qu'on appelle une "qualification technique". Donc par exemple, si je souhaite changer d'hélico, il y a des possibilités, il faudra juste que je repasse une qualification technique sur l'hélico concerné.

Romain : C'est normal. Mais du coup, là quand je vois ça, tu as quand même de sacrées responsabilités, parce qu'en fait ce que tu fais là... tu modules en fonction des opérations, tu n'as pas le droit à l'erreur quoi.

Sébastien : C'est sûr que ça demande pas mal de responsabilités, il faut en avoir conscience surtout. Comme j'aime bien dire souvent, c'est sûr qu'on ne peut pas se permettre en fait de rater et de se garer entre deux nuages.

Romain : Ouais c'est ça. Là c'est ultra intéressant, en vrai on voit que tout est calculé quoi. Il n'y a pas un millimètre qui dépasse.

Sébastien : Non, il n'y a rien qui est fait au hasard.

Romain et Sébastien détachent la dernière section de câble. L'ensemble du faisceau est dégagé.
Sébastien : Hop, parfait parfait, ah ça commence à ressembler un peu plus à quelque chose !
Romain : Est-ce que du coup après on pourra voir le moteur aussi ?
Sébastien : Ah bien sûr ! Après je pense que le maréchal des logis Grégoire t'en parlera un petit peu mieux que moi.

Transition vers un autre atelier. Romain se trouve aux côtés de Grégoire devant un banc d'essai mécanique. En arrière-plan, on aperçoit le flanc d'un hélicoptère.]
Romain : Bon alors Grégoire, est-ce que tu peux me parler du moteur et surtout de ce que tu fais ici ?
Grégoire : Bonjour, je suis le maréchal des logis Grégoire. Donc moi je suis mécanicien cellule et moteur au 1er RHC depuis bientôt 2 ans. Donc mon métier, ça va être, comme son nom l'indique, de plus être sur les moteurs et sur tout ce qui englobe le moteur : la cellule, les pales, tout le reste de la machine à part la structure.

Romain : Est-ce que ce n'est pas comme une voiture au final ? C'est assez vaste, tu n'as pas juste ton bloc moteur ?

Grégoire : Je n'ai pas juste les moteurs, je travaille sur tout le reste de l'hélicoptère.

Romain : Et donc là, c'est quoi l'opération du jour ?

Grégoire : Alors, aujourd'hui, je suis sur une prise de jeu sur un "damper". Un damper, c'est un amortisseur qu'on va retrouver entre deux pales pour, quand il va tourner, éviter que la pale ait des mouvements ou essaie de se rapprocher ou de s'éloigner.

Grégoire montre une petite pièce cylindrique fixée sur un support de mesure complexe.]
Grégoire : Toutes les 25 heures de vol, on a un jeu à faire sur la rotule. On va déposer un comparateur sur la rotule et on va venir gentiment la bouger comme ça pour calculer le jeu. Et au-delà d'une certaine valeur, on change la pièce. Donc là elle est bonne, on va pouvoir la reposer.

Romain : Mais du coup, c'est ce qui est intéressant, tout à l'heure on parlait de rigueur. En fait là-dedans, c'est vraiment tout lié à la rigueur, il n'y a pas le droit à l'erreur.

Romain : Écoute, si tu es partant, je serais bien dans l'idée de la monter avec toi cette pièce.

Grégoire : On va la remonter ouais.

Séquence d'assemblage où Grégoire, portant des gants, manipule l'amortisseur (le damper), applique de la graisse blanche avec une spatule, puis donne les outils à Romain. Ils montent ensuite sur un échafaudage pour accéder au moyeu du rotor principal (les pales) sur le toit de l'hélicoptère.]
Romain : Il y a un sens non ?

Grégoire : Oui, la couleur noire va toujours avec sa pale. OK, tac. Donc là tu peux enlever les axes.

Romain : Tu les enlèves avant ? Ah oui, forcément c'est plus logique.

Grégoire : Donc là, hop, cette partie en premier.

Romain : Ah, c'est vraiment au millimètre !

Grégoire : Oui, donc là on va venir jouer sur la pale pour pouvoir rentrer l'autre. Alors attends, un peu plus. Voilà, parfait.

Romain : Bon du coup, toi qu'est-ce qui t'intéresse dans ton métier ?

Grégoire : C'est la mécanique de précision qui m'a beaucoup attiré. J'ai toujours fait un peu de mécanique vélo, auto, et j'ai découvert une toute autre sorte de mécanique : la mécanique aéronautique. C'est au millimètre, c'est de la mécanique de précision clairement.

Romain : C'est impressionnant. Au niveau des moteurs là, je ne m'y connais pas du tout tu m'excuseras, c'est quoi comme type de motorisation ?

Plans rapprochés montrant l'intérieur complexe d'un moteur d'hélicoptère, rempli de câbles, tubulures métalliques et cylindres, capot ouvert.]
Grégoire : Alors, c'est des turbines RTM 322. C'est Rolls-Royce et Turbomeca qui ont tous les deux fait un moteur ensemble.

Romain : Ah parce qu'en fait les deux sont raccordés au final ?

Grégoire : Oui, le moteur fait tourner une boîte de transfert principale, qui fait tourner un axe et qui va faire tourner le rotor.

Romain : Et c'est quoi l'entretien global sur l'hélicoptère ? Parce que là tu me dis que tu vérifies les dampers toutes les 25 heures de vol, mais sur l'ensemble, est-ce que tu as pareil ?

Grégoire : Il y a un entretien calendaire qui est effectué. C'est comme une voiture, tu as un carnet d'entretien. 25 heures de vol, 50 heures, 100 heures, 150 heures...

Romain : Et tu refais tout dans ces cas-là ?

Grégoire : Par exemple, toutes les 50 heures de vol, tu vas avoir ton moteur à contrôler, certaines parties du moteur. Toutes les 150 aussi, on est réglé sur un calendrier comme ça.

Romain : Tu fais à la clé dynamo aussi ?

Grégoire : Oui, il y a un couple sur chaque élément, un couple de serrage partout.

Romain : C'est du sérieux, c'est impressionnant la minutie que ça demande. Faut pas avoir la tête en l'air quand tu fais ça quoi.

Romain connecte un petit câble métallique (la tresse de masse) à la structure du rotor.]
Romain : Du coup là on serre ça, mais ça a sûrement une utilité ?

Grégoire : Donc la tresse de masse va permettre de mettre l'hélicoptère au même potentiel pour ne pas qu'il y ait d'interférences dans les communications.

Romain : C'est-à-dire que chaque capot est relié par une tresse de masse ?

Grégoire : Oui, tout l'hélicoptère dans l'ensemble, pour mettre tout au même potentiel. Chaque chose qu'on installe sur la machine.

Romain : C'est tellement technique... Donc là tu as fini ça. Après, est-ce que ça t'arrive, toi, d'aller dans l'hélico et de faire un tour pour vérifier si tout fonctionne bien ?

Grégoire : Alors oui, après un acte de maintenance, on a un vol technique qui permet de contrôler que ce qu'on a fait est fonctionnel.

Romain : Oh c'est trop bien ça !

Grégoire : Et là on va aller voir l'équipage pour plus d'informations. Tu veux qu'on aille à l'équipage pour essayer ?
Romain : Pour essayer ? Ouais, OK ! Merde, ça devient sérieux là ! OK, OK, bon bah c'est parti.

Un grand tracteur remorque l'hélicoptère pour le sortir du hangar sur le tarmac ensoleillé.

Romain : J'ai oublié de te demander, il y a combien de chevaux là-dedans ?
Grégoire : Là on est sur 2500 chevaux par moteur, donc 5000 chevaux.
Romain : Oh la vache ! J'ai hâte de voir ça là.

Romain retrouve sur le tarmac deux membres de l'équipage vêtus de leur combinaison de vol ignifugée.]

Grégoire : Bon Romain, je te présente l'équipage.

Lieutenant Paul : Enchanté, salut Romain, moi c'est Lieutenant Paul, pilote de NH90.

Capitaine Samuel : Salut, moi c'est le capitaine Samuel, le commandant de bord du NH90.

Romain : Et là ça devient sérieux. OK, je crois qu'il est l'heure d'y aller. Je vous suis, pas de problème. Je suis assez serein, pas de raison de m'inquiéter de toute façon. J'ai bien dormi.

Romain et l'équipage se dirigent vers l'hélicoptère. Ils s'installent à bord, mettent leurs casques audio. L'hélicoptère décolle de la base, on voit le sol s'éloigner depuis le cockpit.]

Audio : Le bruit assourdissant des pales de l'hélicoptère démarre et couvre la scène, les voix passent par les micros des casques.]

Lieutenant Paul : OK Romain, tu nous entends ?

Romain : Ouais, je vous entends aussi ! Bon ben super.

Romain est assis juste derrière les pilotes, face à la vue panoramique du cockpit.

Romain : Donc là c'est incroyable. Je suis donc à la place du "mec nav", dis-moi si je me trompe Samuel.

Capitaine Samuel : Non, c'est bien ça, tu es en place mécanicien navigant. A priori la plus belle dans notre hélicoptère.

Romain : La place du petit Jésus c'est correct ! Bon, c'est impressionnant comme sensation quand même. Alors du coup, est-ce que tu peux me dire on est à combien d'altitude là ?

Capitaine Samuel : Alors là on est exactement à 2300 pieds au QNH 1020, et à côté juste à côté, tu as la hauteur sonde, donc on est à 1200 pieds par rapport au sol.

Romain : Ah, c'est incroyable. Il est complètement différent d'un avion en termes de pilotage ?
Capitaine Samuel : La sensation en vol en termes de pilotage est un peu différente, ouais, effectivement.

Romain : Et du coup toi, ça fait combien de temps que tu fais ce métier ?
Capitaine Samuel : Alors j'ai intégré l'ALAT [Aviation Légère de l'Armée de Terre] en 2010, donc 15 ans.
Romain : Et c'est génial, comment ça t'est venu l'idée de devenir pilote d'hélicoptère ? C'est quand même assez surprenant, c'est pas le métier de tous les jours.

Capitaine Samuel : Écoute, c'était un rêve de gosse. Mes parents nous emmenaient sur les meetings quand on était gamins avec mon frère. Et après les années ont passé, j'ai fait un master plutôt orienté dans la finance, et puis un jour mon père a vu un article dans le journal et je me suis dit : "Écoute, tente ta chance". Et du coup je suis allé frapper à la porte de l'armée de Terre, j'ai postulé pour devenir pilote d'hélico et ça a marché.

Audio : Voix dans la radio de bord por coordonner une manœuvre tactique.

Lieutenant Paul : On va faire la phase du coup où on double et après on fait le piqué, on en profite. Donc là il ralentit à 65 nœuds, et puis après on dépassera et on ira se piquer à droite. On essaie de se rapprocher un petit peu, on le dépasse par la droite. Donc là on va accélérer.

L'hélicoptère accélère et plonge brusquement vers le sol au-dessus d'une forêt. Un autre hélicoptère (un Tigre) apparaît proche dans le champ de vision.]

Romain : Oh là ! J'étais pas prêt là ! Je crois que personne n'était prêt ! Ah ouais, Samuel là...

Capitaine Samuel : Allez, on vire à droite, on va les récupérer. Donc j'effectue un 360 par la droite, on va les récupérer. J'ai bien visuel sur eux. Ça va derrière ?

Romain : Ouais, nickel ! Ça a l'air d'aller...

Romain : Ben écoute, je vois que ça donne beaucoup de sensations. Est-ce que ça demande quand même beaucoup de temps de formation j'imagine, de pouvoir réaliser des choses comme ça ?

Capitaine Samuel : Alors on est sélectionné. On a une partie de la sélection qui se fait sur un simulateur, et ils essaient de détecter une progression, une aisance dans la dissociation de l'attention, dans la finesse aux commandes, pour que justement la formation, quand on passe en école, avance de façon efficiente. En fait, tout le monde peut devenir pilote d'hélicoptère, l'armée, elle essaie d'identifier les gens qui vont pouvoir le devenir dans le temps à partir de la formation.

Romain : Ça demande encore une fois depuis le début beaucoup de rigueur et de minutie quand même ?

Capitaine Samuel : Oui effectivement c'est un métier rigoureux. Comme tu as pu le voir il y a la préparation avant le vol, ça nous a quand même demandé du temps pour caler tous les éléments, les vérifications sur la machine, les checks... effectivement c'est un métier rigoureux.

Romain : Non je suis fan, je t'envie beaucoup là Samuel !

Capitaine Samuel : Bah écoute, 28 ans, tu peux encore t'engager Romain !

Romain : Bon en tout cas voilà, je vous laisse sur quelques cinématiques complètement dingues et puis on se retrouve en bas sur le sol, mais je vous avoue que là c'était incroyable.

L'hélicoptère arrive en stationnaire au-dessus d'une falaise rocheuse au bord du vide pour réaliser un "posé d'assaut" ou atterrissage sur patin.]

Lieutenant Paul (concentré, guidant l'atterrissage) : 4 en avant... 3 en avant... 2... Allez, encore en avant. 3 en avant... 2 en avant... Stop pour l'avant. Bonne position. Bonne verticale, on est vers posé. On a la roulette à 10 cm. Et tu sens la roulette. On est posé. On a la roulette posée.

Capitaine Samuel : On fait tout pour toi là Romain, mais je pense que tu auras de belles images.

Romain : C'est génial, merci en tout cas, super !

Lieutenant Paul (en souriant) : Alors je crois que je vais pas dire non au petit sac en plastique au final, il y a Romain qui va pas bien ! Ça va Romain ?

Romain (riant nerveusement) : Ah, on n'est pas dans un char ouais, c'est normal ! Je serre les dents, les followers !

Capitaine Samuel : C'est pour tes followers.

Romain : C'est surtout pour la France hein ! Mais après si vous avez toutes les images, qu'on en a assez, on peut rentrer hein !

L'hélicoptère atterrit en douceur sur la piste de la base.

Romain (filmant en mode selfie avec son téléphone, tenant un sac en papier blanc à la main) : Bon voilà, j'ai fini mon petit tour, il n'y a plus qu'à rentrer à la maison avec mon "doggy bag". Je suis trop content, c'est trop cool.

De retour au sol sur le tarmac, devant l'hélicoptère. Romain est entouré de l'ensemble des militaires (mécaniciens et pilotes) qu'il a rencontrés.]

Romain : Bon ben voilà, de retour sur le tarmac. Je crois qu'on peut le dire, j'y ai laissé quelques morceaux dans l'hélicoptère, mais ça ce n'est pas très grave. En tout cas, merci à vous, équipe exceptionnelle, il faut le dire. On a passé un moment de dingue. Samuel, tu m'as fait des choses, je ne sais pas si je le referai un jour dans ma vie, par volonté hein, parce que vraiment ça fait un petit peu peur quand même ! Mais c'est de la peur qui attire, c'est marrant.

Capitaine Samuel : Là tu as fait la plus belle place, maintenant tu peux peut-être essayer les autres ? Comme la mienne

Romain : Bah la tienne non, je sais pas... Laisse-moi un peu de temps que je me repose un peu ! Après on peut retenter sur un autre, c'est possible, mais bon là tu as quand même fait le plus bel hélico du monde, surtout que celui-ci c'est un vrai char volant faut le dire.

Romain (face caméra) : N'hésitez pas à aller voir ce que fait le 1er RHC. J'espère que ça vous a pas mal aiguillés sur les différents métiers qui tournent autour de l'hélicoptère. C'est une base de dingue ici, et puis on n'a plus qu'à vous dire à de prochaines vidéos !

Audio : Bruitage de transition sonore.
Écran noir final affichant le logo de l'Armée de Terre accompagné des textes suivants :
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Combattre les stéréotypes

C’est au musée des Blindés que Tiphaine rencontre Romain Doublet, passionné depuis l’enfance par les véhicules militaires. Au-delà de la recherche d'audience, Tiphaine et Romain se donnent pour mission de combattre la désinformation et les stéréotypes autour de l’armée. La chaîne doit régulièrement faire face à des critiques virulentes, notamment de la part de ʺtrollsʺ étrangers. 

Contrairement aux comptes officiels de l’armée de Terre, Military Machine s’adresse à un public moins informé et donc plus vulnérable à ces commentaires porteurs d’idées reçues. La guerre a toujours constitué un puissant catalyseur d’innovations pour la société, telles qu'Internet ou le GPS et ce sont précisément ces avancées que le duo souhaite mettre en avant.

Pour l’armée de Terre, le partenariat avec la chaîne YouTube représente donc une formidable occasion d’atteindre une audience différente et d’accroître ainsi sa visibilité et son impact en ligne. Cette présence élargie dans les champs numériques lui offre également des leviers efficaces pour lutter contre la désinformation. 

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