L'école militaire interarmes teste de nouvelles technologies
Texte : Aspirant Joséphine de Swardt
Publié le : 14/08/2026.
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Le 24 mars, une section d’élèves de l’École militaire interarmes de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, a expérimenté, aux côtés d’industriels français, les usages tactiques de la robotique et des drones en situation quasi réelle.
Sur l’espace d’entraînement de l'académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, une section d’élèves-officiers perçoit un léger bourdonnement se rapprochant peu à peu. Une masse apparaît au-dessus de la cime des arbres.L’engin transporte le ravitaillement attendu. En quelques minutes, il dépose son chargement dans une petite clairière. Un soldat le récupère aussitôt. Construit par l’entreprise Pilgrim Technology, l'aéronef, baptisé Dragon P30 fait l'objet d'une expérimentation en situation opérationnelle.
Un exercice robotique de ce type est organisé chaque année depuis 2021. Celui-ci rassemble l’École militaire interarmes (EMIA), le centre de recherche de Saint-Cyr (CReC) et les entreprises de la base industrielle et technologique de Défense. Cette expérimentation annuelle permet de sensibiliser les futurs chefs de section aux technologies du champ de bataille de demain. Cette année, le thème porte sur l’autonomie et la logistique des moyens. Des vignettes tactiques ont été spécialement conçues par les élèves autour de cette problématique.
« Faire voler des drones sur 24 heures, gérer les batteries, anticiper les pannes ou encore organiser le ravitaillement », explique le sous-lieutenant Clément, chef de section dans l’exercice. Dans le même temps, les industriels testent leur matériel en conditions proches du réel.
Premier contact avec la robotique
Quelques minutes après, la section a pour mission d’extraire un blessé d’une zone difficile d’accès. Les militaires s’appuient sur le robot multi-rôle Hermione pour tracter loin des lignes ennemies le corps de leur camarade placé sur une remorque. Ce véhicule terrestre construit par l’entreprise H2X sert à la fois de mule pour les charges utiles (drones, matériels, blessé, etc.) mais aussi d’engin de reconnaissance et de générateur d’énergie mobile grâce à sa pile à hydrogène.
Pour beaucoup d’élèves, l’exercice est une découverte : ce premier contact avec la robotique leur permet d’appréhender leur avenir de chef de section avec davantage de réalisme.
« Les jeunes officiers doivent s’entraîner et intégrer dès maintenant la robotisation du champ de bataille dans leur réflexion tactique, soulignent les coordinateurs de l’exercice, le lieutenant-colonel Sébastien et Gérard de Boisboissel, ingénieur-chercheur au CReC. Tout l’enjeu est d’avoir connaissance des capacités offertes par ces nouvelles technologies ainsi que leurs contraintes d’emploi. »
Autour de la manœuvre, les industriels observent. Si l’emploi des équipements n’est pas pertinent ou défaillant, ils peuvent intervenir pour adapter, expliquer, démontrer les capacités de leurs solutions techniques. A l’issue de chaque vignette, les militaires, fabricants et scientifiques du CReC débriefent minutieusement et échangent afin d’en tirer les enseignements.
Des enseignements précieux
Organisées tous les ans depuis 2021, ces expérimentations voient la coordination entre fournisseurs et exploitants s’améliorer. L’analyse après action permet d’avancer concrètement vers un emploi plus adapté et plus efficace des robots dans les conflits de demain.
"L'objectif est de tirer le plein potentiel de la robotique sur le champ de bataille et d'adapter en conséquence nos méthodes de combat », livre ainsi entre deux phases de travail le sous-lieutenant Clément. Pour la majorité des élèves, cet exercice est une première. Ils ont pu expérimenter l’emploi d’outils robotiques pendant 24 heures, dans un cadre tactique réaliste et exigeant.
Véritable laboratoire d’idées, ce rendez-vous contribue au renforcement de la souveraineté nationale en favorisant la convergence entre les besoins de l’armée de Terre et les solutions proposées par les entreprises.
Via une application de messagerie sécurisée, les images du drone de reconnaissance DX08 ont été partagées en direct sur les téléphones des militaires. Les cadres ont ainsi bénéficié d’un visuel permanent sur la menace et fait évoluer la manœuvre en conséquence. Une initiative venue des élèves de l’EMIA.