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La dronisation de l’aérocombat : l’Alat prépare les combats de demain

Texte : Rédaction

Publié le : 03/11/2025 - Mis à jour le : 13/11/2025. | Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

L’intégration des systèmes aériens sans pilote dans les forces armées marque une rupture stratégique majeure, mise en évidence dans le cadre du conflit russo-ukrainien. Consciente de cette évolution, l’Aviation légère de l’armée de Terre (Alat) s’engage résolument dans une démarche de ʺdronisationʺ de ses capacités, afin de préparer les combats de demain.

Depuis quelques années, les mutations rapides du champ de bataille — marquées par l’emploi massif de drones, l’essor des cyberattaques et l’intégration fulgurante de technologies émergentes — imposent de repenser la préparation opérationnelle. Les unités de l’Alat doivent désormais se préparer à des combats de haute intensité, menés dans des environnements multiples et imbriqués

Dans ce cadre, la dronisation vise à associer étroitement hélicoptères et drones pour accroître l’efficacité opérationnelle de l’Alat. Cette transformation, qui conjugue innovation technologique et adaptation doctrinale, fera de l’aérocombat une composante plus agile et robuste. 

Les drones ne remplacent pas les hélicoptères : ils les complètent. Ils offrent des avantages décisifs : souplesse d’emploi mais également préservation du potentiel humain et matériel. Cette combinaison élargit le spectre des effets que peut produire l’Alat et accroît sa résilience

Malgré l’essor des systèmes non habités, les hélicoptères demeurent essentiels à la manœuvre aéroterrestre. En cas de fortes perturbations électromagnétiques, leur capacité à fonctionner en mode dégradé garantit la continuité des opérations. Par ailleurs, la présence à bord d’un chef tactique permet une évaluation en temps réel de la situation et une prise de décision rapide, gage d’efficacité. 

La coopération drones hélicoptères permet également une réelle avancée en matière de communication. La multiplicité des capteurs assure une réception et une transmission plus fiable des données, garantissant ainsi la robustesse des échanges d'informations, même dans des environnements fortement perturbés.

Combiner hélicoptères et drones : les trois axes clés de la stratégie de dronisation de l’Alat

  1. Le premier consiste en l’utilisation d’engins lancés depuis des aéronefs (ELA) : de nouveaux vecteurs, emportés par hélicoptères, capables de produire des effets cinétiques (frappe) ou non cinétiques (brouillage, renseignement). Leur modularité en fait des instruments adaptés à de multiples missions. 
  2. Le deuxième concerne l’appui d’hélicoptère par des drones tactiques d’aérocombat (DTA). Conçu comme des "ailiers" des hélicoptères, ils peuvent assumer des tâches simples (flanc-garde, reconnaissance, destruction d’objectif) pour réduire l’exposition des équipages. Grâce à l’intelligence artificielle ils pourront évoluer en mode autonome ou semi-autonome, accélérant le cycle décisionnel.
  3. Le troisième s’appuie sur l’emploi des drones de l’Alat en coordination avec ceux des autres composantes du combat interarmées. L’adoption de normes communes et de protocoles partagés permet une intégration fluide dans un écosystème interarmées, optimisant les effets combinés. La dronisation marque une étape décisive dans l’évolution de l’aérocombat. En combinant hélicoptères et drones, l’Alat se dote d’un outil polyvalent, apte à répondre avec efficacité aux exigences des conflits actuels et futurs. 

    Cette transformation exige adaptation doctrinale, organisationnelle et matérielle. Elle place l’Alat en première ligne des combats de demain, où l’homme et la machine agiront en symbiose, pour garantir la supériorité opérationnelle de l’armée de Terre

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