La Cabat, au plus près des blessés
Texte : Augustin Paliard
Publié le : 16/06/2026.
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La cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre a ouvert six antennes à travers la France au cours des dernières années. Ce nouveau maillage territorial renforce la proximité entre les blessés et leur référent.
Depuis 2023, la cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (Cabat) a étendu son dispositif en créant des antennes locales intégrées aux bureaux condition du personnel des états-majors de zone de défense et de sécurité. Implantées à Paris, Lyon, Metz, Marseille, Bordeaux et Rennes, elles permettent aux référents d’être au plus proche des 1 400 blessés recensés dans l’armée de Terre.
Ces derniers sont accompagnés à l’antenne la plus proche, composée d’un officier et de deux sous-officiers. Auparavant centralisé aux Invalides à Paris, le suivi s’effectuait surtout par téléphone. Les référents peuvent désormais rencontrer chaque militaire dont ils ont la charge, lui rendre visite en cas d’hospitalisation, et échanger directement avec les médecins.
Processus au long cours, l’accompagnement de la Cabat débute à partir du sixième mois d’arrêt maladie et dure jusqu’à la reconstruction et la réintégration en unité ou la réinsertion socio-professionnelle en dehors de l’institution.
« Reconnus et soutenus »
« Nous sommes une main tendue pour les blessés », affirme l'adjudant-chef Dimitri, référent à l’antenne Cabat de Metz. Affecté à ce poste pour une durée de trois ans, il est en charge, avec l’adjudant Aurélie, des 180 blessés de la zone Terre Est. Son rôle est de les accompagner dans tous les aspects de leur quotidien. « Ils ont besoin de se sentir reconnus et soutenus », poursuit-il.
L’adjudant-chef se rend chaque semaine à l’hôpital pour visiter les convalescents. Quand il n’est pas en déplacement, il maintient le contact par téléphone. Tous les trois mois, il fait le point avec eux, tant sur le plan de la santé que sur les démarches en cours. En lien permanent avec la cellule juridique de la Cabat, le sous-officier les aide sur le plan administratif.
Tous les quatre mois, la CPS2R[1] lui permet, en coordination avec les médecins, d’évaluer les capacités des blessés afin de leur proposer des activités adaptées à leur état et à leurs besoins, comme par exemple les stages de reconstruction par le sport conduit par le CNSD[2].
Pendant ce temps, le commandant Thierry qui dirige l’antenne traite avec les différents acteurs de l’accompagnement, les partenaires financiers et les familles. Il veille au bon fonctionnement de la cellule en mettant à disposition de ses sous-officiers des moyens concrets et efficaces.
Ainsi la Cabat a signé une convention en décembre 2025 avec la Cape, seule association en France à former des chiens d’assistance pour les personnes atteintes d’un syndrome post-traumatique. Ce partenariat a pour objectif de faciliter l’accès à un chien d’assistance SPT pour les blessés psychiques de l’armée de Terre.
La guérison et la réinsertion
« Notre métier c’est aussi organiser des rencontres », affirme le commandant Thierry. Chaque année, les antennes planifient une ʺjournée des aidantsʺ, destinée à accompagner les personnes qui assistent au quotidien un de leur proche blessé. Un moment fraternel. « Ces rassemblements sont une vraie richesse, notamment pour les blessés psychiques qui représentent 70 % de la population gérée », précise-t-il.
Le 15 juin 2026, l’antenne de Metz s'associera à l’opération “Avec nos blessés” à l’échelle locale. Personnel civil et militaires relieront l’antenne et une maison Athos (cf encadré). « Nous espérons sensibiliser la population locale à notre cause pour qu’elle vienne en aide à ceux qui les ont protégés », conclut-il. Un combat qui s’étend maintenant à chaque région avec la même volonté de « ne jamais abandonner personne sur le bord de la route ».