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En avant pour le Service national

Texte : Capitaine Eugénie Lallement

Publié le : 10/03/2026 - Mis à jour le : 12/03/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

À la rentrée 2026, le Service national fera son retour sous une forme volontaire et rénovée. Acteur central du dispositif, l’armée de Terre assurera une part importante de la formation et de l’emploi des jeunes appelés, dans une logique opérationnelle maîtrisée, au service de la cohésion nationale.

À compter de la rentrée scolaire 2026, le Service national accueillera 3 000 volontaires, avec une montée en puissance progressive visant 10 000 appelés en 2030, puis 50 000 à l’horizon 2035. Compte tenu de son poids dans les effectifs des armées, l’armée de Terre jouera un rôle central dans la mise en œuvre de ce dispositif, aussi bien pour la formation que pour l’encadrement et l’emploi de ces jeunes volontaires. « Nous prendrons en charge 60 % du contingent initial, soit près de 1 800 appelés », précise le lieutenant-colonel Charles, chef de la section études-synthèse au bureau politique des ressources humaines.

Ouvert aux 18-25 ans sur la base du volontariat, le Service national repose sur un engagement de 10 mois, dont 1 mois de formation militaire initiale (FMI). Placés sous statut militaire, les volontaires serviront sous l’uniforme. « La formation militaire initiale de quatre semaines se déroulera dans les régiments qui prendront part également à la sélection et à l’incorporation », poursuit le lieutenant-colonel.

À l’issue, les jeunes seront affectés au sein des unités, des états-majors, des administrations centrales ou des directions et services interarmées, en métropole comme en outre-mer.

Des missions en appui des forces

« Le schéma ne diffère pas tant de celui des réservistes ou des volontaires de l’armée de Terre. Nous durcissons simplement la formation pour renforcer l’employabilité initiale de ces jeunes », explique le lieutenant-colonel. Chaque unité d’accueil sera libre de compléter cette FMI en fonction des missions confiées et du niveau d’exigence attendu. Les volontaires serviront ainsi sans distinction par rapport aux soldats d’active ou de réserve.

Leurs missions s’inscriront en appui et en complément des forces, sans s’y substituer. Elles concerneront principalement la protection du territoire national, la sécurisation des emprises de défense ou la participation à la préparation opérationnelle. « Les restrictions porteront uniquement sur les engagements hors du territoire national : opérations extérieures, flanc Est, mission Harpie en Guyane », précise-t-il.

Les emplois proposés couvrent un spectre large, allant de l’appui au fonctionnement quotidien des unités à des postes nécessitant des compétences spécifiques, notamment dans les domaines de la cyberdéfense, de l’informatique, de la communication ou des langues étrangères.

« Des militaires en puissance »

Les grands commandements ont été sollicités afin d’identifier les besoins. Le Commandement de la force et des opérations terrestres a ainsi interrogé les brigades sur les emplois qu’elles étaient en mesure de proposer. L’adhésion a très vite été au rendez-vous, les cadres ayant mesuré la plus-value apportée par le dispositif. 

« Potentiellement, ces jeunes sont des militaires du rang d’active ou de réserve en puissance : c’est le message à faire passer aux chefs de groupe », insiste le lieutenant-colonel Charles. L’encadrement reposera sur des savoir-faire éprouvés : « Au même titre qu’un cadre est désigné pour former les engagés de l’active, certains le seront pour encadrer ces jeunes. »

Au-delà de la contribution opérationnelle, le Service national participe au renforcement du lien armées-Nation. Il permet à une génération de Français de mieux comprendre les exigences, les valeurs et les contraintes de l’institution. Le succès du dispositif repose sur la capacité pour l’armée de Terre à relever un défi majeur : assurer une intégration de qualité, dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’encadrement, du soutien, des infrastructures ou de la vie en unité.

À l’issue de leur engagement, les volontaires pourront choisir de rejoindre l’armée d’active ou la réserve. À défaut, ils intégreront la réserve de disponibilité pour 5 ans. Dans un contexte stratégique dégradé, le Service national s’affirme ainsi comme un outil de cohésion et de résilience, au service de la défense collective.

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