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Cervus 26 : Réserve, embarquement immédiat

Texte : Aspirant Joséphine de Swardt

Publié le : 11/06/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

Au cœur des Vosges, du 18 au 21 février, le 19e régiment du génie a conduit l’exercice Cervus 26. Réunissant réservistes et soldats d’active, cette séquence de préparation opérationnelle a permis de renforcer les savoir-faire, de développer l’interopérabilité et de consolider la cohésion entre les différentes composantes engagées.

Déployée dans la vallée de Thur, au cœur de l’Alsace, la 5e compagnie d’intervention de réserve du 19e régiment du génie (19e RG) s’apprête à franchir le lac de Kruth-Wildenstein. Sur la rive Est, la 1re section embarque sur la portière MLF (moyen léger de franchissement), un support flottant composé de dix bacs et de cinq propulseurs. 

Debout sur le pont de la MLF, le chef de bord donne le cap pour parcourir les sept cents mètres de distance. Par des gestes précis, il dirige la manœuvre des propulsistes. La phase de franchissement constitue un moment clé de l’exercice Cervus 26, organisé par le 19e RG au profit de la réserve opérationnelle. 
 

Au même instant, depuis le poste de commandement installé dans le village voisin, les officiers de réserve de l’état-major tactique conduisent les opérations et planifient les prochaines étapes de la progression. Pour eux, Cervus 26 représente plusieurs mois de travail, de la création du scénario à sa réalisation. 

« Au fil du temps, l’exercice a pris de l’ampleur, en passant d’une petite compagnie à deux sections à plusieurs unités qui manœuvrent dans la zone. Fort de sa quatrième édition, Cervus 26 symbolise la montée en puissance de la réserve opérationnelle », indique le lieutenant-colonel Rodolphe, officier de réserve et directeur de l’exercice. 

Au total, près de 350 militaires, principalement issus des régiments de la brigade du génie, mais également d’autres unités de la région, se sont entraînés en terrain libre. Sapeurs d’Afrique, fantassins du 35e régiment d’infanterie, artilleurs du 40e régiment d’artillerie, géographes du 28e groupe géographique ont travaillé en ensemble les savoir-faire relatifs au concept commun de combat terrestre (C3T).

Des militaires armés avancent prudemment dans une rue enneigée avec un chien, lors d’un exercice en milieu urbain.

L’hybridation active-réserve

Durant ces trois jours, les participants ont enchaîné actions offensives et défensives dans les villages enneigés de la région, notamment à Orderen, Fellering, Kruth et Wildenstein. « Cette manœuvre est l’occasion pour chacun de restituer les compétences acquises tout au long de la formation et de renforcer sa rusticité », soutient le lieutenant Benjamin, chef de la 1re section de la 5e CIR

Temps fort de l’exercice, le franchissement de coupure humide sur le lac de Kruth-Wildenstein : les sapeurs réservistes du génie ont mis en pratique leurs compétences techniques dans ce domaine. Cette action illustre l’hybridation réserve-active initiée par le 19e RG. 

Autrefois surtout orientées vers le C3T, les compagnies de réserve s’attachent désormais à maîtriser les domaines de spécialité propres au régiment. « Les réservistes soutiennent le travail de leurs camarades d’active et agissent à leurs côtés lors de déploiements sur le territoire national ou à l’étranger », souligne le lieutenant-colonel Rodolphe. 

Pour la mise en œuvre de la MLF, ils ont d’abord été formés par les sapeurs de la section d’active détentrice du matériel et sont aujourd’hui capables d’assurer la formation des recrues réservistes en interne. De plus, l’hybridation est favorisée par le recrutement d’anciens militaires d’active. « Ils jouent un rôle majeur en partageant leur expérience opérationnelle auprès des recrues et facilitent le lien avec nos pairs d’active », explique le lieutenant Benjamin. 

Un binôme cynotechnique

En plus de consolider la cohésion régimentaire, Cervus 26 permet aux réservistes de développer leurs capacités opérationnelles en évoluant dans un environnement interarmes « tout le monde porte le même treillis sans distinction d’active ou de réserve », indique le jeune chef de section. 

À ce titre, sa section a intégré un binôme du 132e régiment d’infanterie cynotechnique le temps de l’exercice. Ainsi, sapeurs et fantassins ont travaillé en appui mutuel lors de la neutralisation d’un individu suspect dans une des maisons du village de l’Oderen. 

Au total, douze détachements de réservistes issus de différents régiments ont manœuvré conjointement afin de s’entraîner à la conduite de missions opérationnelles mêlant active et réserve. L’entraînement achevé, nouvelles recrues comme réservistes plus expérimentés sont rentrés chez eux satisfaits, « fiers d’avoir participé à une telle expérience », comme le souligne un jeune réserviste.

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