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Une ciblerie nouvelle génération au cœur des Alpes

Texte : Lieutenant Najet Benzirar

Publié le : 12/01/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Au cœur des Hautes-Alpes, le 4e régiment de chasseurs a imaginé une ciblerie d’un genre nouveau : le laser RK. Ce système projette des cibles lumineuses directement sur les parois rocheuses, permettant une préparation opérationnelle haute intensité plus réaliste et interactive.

Dans les Hautes-Alpes, le 4e régiment de chasseurs (4e RCh) place l’innovation au cœur de sa préparation opérationnelle. Dernière création en date : la ciblerie nouvelle génération, baptisée ʺlaser RKʺ. L’adjudant-chef Rudy, responsable de la cellule tir, est à l’initiative de cette petite révolution. Il fait un constat simple : seuls les premiers tireurs disposent d’une cible nette (sur une toile de jute). Dès que les premiers obus explosent la cible disparaît, il ne reste qu’un marquage noir. Conséquence immédiate, les chefs de peloton manquent de repères pour ajuster et commander leur feu.

De cette observation naît l’idée d’un outil plus réaliste. Sous l’impulsion du Bureau opérations instruction et avec le soutien de la cellule ʺTransformation et innovationʺ, le projet prend rapidement forme. Ce dispositif apporte une réponse concrète aux limites des cibles classiques en bois ou en métal. Fragiles et non réutilisables, elles ne permettaient pas de répéter un tir après destruction. 

Le principe du laser RK est novateur : un boîtier relié à un logiciel projette des cibles lumineuses - fixes ou mobiles - directement sur le versant d’une montagne. Testé en 2024 lors de l’exercice Cerces, grand rendez-vous annuel de la 27e brigade d’infanterie de montagne, le système a immédiatement convaincu. Plus interactif, il offre aux tireurs la possibilité d’affronter des silhouettes qui peuvent réapparaître à volonté, tout en variant taille, forme et vitesse selon leurs performances.

Un système modulable

Au-delà de l’innovation technique, le laser RK illustre une démarche : partir d’un besoin opérationnel exprimé sur le terrain, mobiliser l’expertise interne, construire un prototype et le tester en conditions réelles. Il s’agit de renforcer l’efficacité et la sécurité de l’entraînement tout en réduisant les contraintes logistiques et financières. Surtout, ce système est modulable : utilisable avec différents armements (obus, missiles, armes individuelles) et adaptable à diverses unités (fantassins, artilleurs, cavaliers).

Il offre à l’armée de Terre la possibilité de se doter d’un outil polyvalent, permettant de travailler précision du tir, gestion du stress et prise de décision en situation dégradée. L’idée est désormais d’élargir l’expérimentation à d’autres régiments et centres d’entraînement. « Cette innovation est née d’un besoin opérationnel concret et illustre comment les régiments transforment leur préparation pour relever les défis de la haute intensité », souligne le colonel Geoffroy Binnendijk, chef de corps du 4e RCh.

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