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Le bréchage en Suisse

Texte : Tanguy de Maleissye

Publié le : 16/09/2025. | Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Dans le canton des Grisons en Suisse, les sapeurs du 13e régiment du génie se sont entraînés avec leurs homologues aux techniques de bréchage. Elles garantissent l’ouverture de passage grâce à la destruction d’obstacles. Cette capacité à percer les lignes adverses est indispensable dans un conflit de haute intensité.

Les claquements de tirs des chars Leclerc, des Griffon et des soldats résonnent entre les montagnes enneigées : c’est un véritable feu d’artifice dans l’étroite vallée suisse d’Hinterrhein. Dans le cadre de l’exercice Breach organisé avec l’armée suisse, plusieurs véhicules blindés exécutent une offensive pour percer les lignes ennemies. Mais un obstacle empêche leur progression

Aussitôt, j’entends dans la radio l’ordre donné aux sapeurs de combat du 13e régiment du génie (13e RG), de détruire la barricade en bois. Leurs Griffon foncent au plus proche des lignes ennemies. En l’espace de quelques minutes, une équipe de six militaires se faufile entre les feux et glisse deux tubes remplis d’explosifs sous les imposants rondins. 

« La charge est placée au centre du barrage. Lorsqu’elle explosera, les débris seront projetés sur le côté libérant le passage, commente le sergent Henintsoa, chef du groupe de bréchage. La proximité avec le front et la manipulation des explosifs nécessitent beaucoup de sang-froid, d’autant que nous devons être le plus rapide possible pour permettre la poursuite de l’attaque des autres troupes. »

Libérer le passage

« Boum ! » Après s’être écartés, les sapeurs ont appuyé sur le détonateur. Le mur de bois est projeté en mille morceaux. La fumée se dissipant, je constate qu’il ne reste plus qu’un discret trou dans le sol : le passage est libre. Sans attendre, les soldats retournent sur la position pour s’assurer de l’absence de mines, pour écarter les derniers morceaux restants et baliser le passage.

Derrière moi, j’entends le bruit sourd des chaînes des chars du 501e régiment de chars de combat qui se rapprochent. Grâce à l’efficacité des sapeurs, ils peuvent désormais traverser la ligne et poursuivre leur attaque. Le 13e RG apporte un appui auprès des troupes de mêlées. 

« Nous assurons le bon déroulement des opérations de mobilité des unités engagées, explique le capitaine Matthieu, commandant d’unité de la première compagnie de combat. Le bréchage revient au cœur de l’entraînement du génie, il faut limiter le temps passé à la destruction pour être le moins vulnérable face à l’ennemi. » Remonté dans son Griffon, le groupe continue d’appuyer la manœuvre offensive et se tient prêt à tout nouvel obstacle.

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