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La Hard Routine en jungle guyanaise

Texte : Aspirant Emilien Lamadie

Publié le : 12/01/2026 - Mis à jour le : 05/02/2026. | Temps de lecture Temps de lecture : 2 minutes

À proximité d’un objectif militaire, il convient de redoubler de prudence, surtout la nuit. La Hard Routine est une méthode de bivouac rustique qui offre un avantage tactique non négligeable : être prêt à bondir à la moindre alerte. Au cœur de la jungle guyanaise, notre rédacteur s’est prêté au jeu avec les soldats du 9e régiment d'infanterie de Marine. Une nuit qu’il n’est pas près d’oublier.

Nous sommes à plus de 7 000 km de la métropole au milieu de la ʺSelvaʺ guyanaise. La journée a été longue et épuisante, la marche en climat tropical demandant beaucoup d’énergie. Malheureusement ce soir je n’aurai pas le luxe de dormir dans un hamac, c’est la Hard routine. Les soldats engagés en jungle recourent à cette méthode lorsqu’ils se trouvent à proximité d’un objectif. Ils dorment tout habillés à même le sol humide et l’arme à la main afin de pouvoir intervenir immédiatement si la situation l’exige.

Cette technique privilégie la discrétion et permet de s’approcher au plus d’un objectif sans être décelé. « La jungle est un milieu difficile et imprévisible, cette sécurité permet d’agir plus sereinement et de limiter les accidents potentiels », assure le capitaine Philippe, chef du centre de formation fleuve et forêt au 9e régiment d’infanterie de Marine. Une procédure mise en œuvre au prix du confort qu’offre un bivouac traditionnel.
 

Trouver le repos

Le soleil se couche, je m’allonge. Le sol de la Selva couvert de racines m’empêche de trouver une position confortable. Dans la journée, mon binôme s’est fait mordre par une fourmi "balle de fusilʺ, ce qui ne me rassure pas. Rapidement la luminosité baisse, de nouveaux sons se font entendre, changeant complètement ma perception de l’environnement. La forêt équatoriale dégage une atmosphère menaçante. Arbres tombant au loin, bruits de passages mais aussi singes hurleurs et insectes bruissant. Je me sens observé. 

Après quelques heures je finis par m’endormir. Mais la nuit est écourtée, c’est l’heure de mon tour de garde. J’observe au loin les lumières du camp des plastrons (l’ennemi) qui ne nous ont pas repérés. Ma garde se déroule sans encombre et je réveille mon remplaçant. Aux alentours de cinq heures du matin, les singes hurleurs cèdent la place aux capucins, je me sens d’attaque.

« Le corps trouve malgré tout un moyen de se reposer et de récupérer, souligne le capitaine Philippe. Mais il faut éviter de trop employer la Hard routine pour préserver la troupe. » Une nuit mouvementée. La forêt équatoriale est décidément l’école de l’humilité.
 

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