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Les feux en action

Texte : Adjudant-chef Anthony Thomas-Trophime

Publié le : 01/06/2026.

Depuis l’invention de la poudre, les feux ont profondément façonné la conduite de la guerre. Dans le domaine militaire, ils désignent l’ensemble des effets létaux ou neutralisants appliqués à l’adversaire. Qu’ils soient directs ou indirects, au contact ou dans la profondeur, ils constituent à la fois un moyen de destruction, un instrument de fixation, de rupture et de dissuasion. Des canons de Vauban jusqu’aux drones et missiles de précision, les effecteurs évoluent au rythme des ruptures technologiques. Produire l’effet voulu repose sur une chaîne exigeante : identification certaine de la cible, choix de l’arme et de la munition adaptées, calibration de l’effet, puis évaluation des résultats obtenus. Dans ce contexte, la maîtrise des feux demeure un enjeu majeur pour l’armée de Terre. Elle met en lumière le rôle des forces conventionnelles dans l’épaulement de la dissuasion.

« La guerre en Ukraine a modifié le rôle des armes. L’infanterie tient davantage qu’elle ne conquiert. L’artillerie conquiert davantage qu’elle n’appuie. Les hélicoptères d’attaque arrêtent les offensives davantage qu’ils ne mènent des raids. Quant à la cavalerie, elle appuie et défend davantage qu’elle ne perce ou n’exploite. »
Ordre du jour n° 71 du Cemat

Trois armes, un même enjeu

Infanterie, cavalerie, artillerie : pour l’armée de Terre, la maîtrise des feux demeure un impératif majeur concourant à la supériorité tactique et opérative sur le champ de bataille. Si ses effets sont immédiats et puissants, elle repose néanmoins sur des savoir-faire techniques et tactiques complexes.

Tir de missile de nuit depuis un système d’artillerie terrestre avec dégagement de fumée et flamme.

Inscrite au cœur de l’identité de l’armée de Terre, la maîtrise des feux repose sur des savoir-faire techniques, tactiques et psychologiques développés tout au long de la préparation opérationnelle jusqu’à l’engagement. Cette culture de la létalité s’inscrit dans l’héritage des écoles d’application de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie

Au-delà d’assurer la formation des soldats et des chefs, ces écoles conduisent, chacune dans leur domaine, des travaux de prospective relatifs à la doctrine, à l’emploi et à l’organisation, ainsi qu’aux équipements. Constamment tournées vers la recherche de la supériorité des feux, au contact comme dans la profondeur, elles évoluent en permanence afin de répondre aux exigences des engagements actuels et à venir.

Exercice de tir au mortier : des militaires mettent en œuvre une pièce d’artillerie légère en terrain ouvert, illustrant les capacités d’appui feu de l’armée de Terre.

L'artillerie

Arme savante, l’artillerie structure le champ de bataille dans les deuxième et troisième dimensions (sol-sol et sol-air). On estime que l’artillerie est responsable de 75 % des pertes lors des conflits des trente dernières années. 

Mortiers de 120 mm, canons Caesar de 155 mm, lance-roquettes unitaire ou encore missiles Mistral : l’ensemble de ces effecteurs offre au chef un panel d’effets variés pour façonner l’ennemi à distance. Les conflits actuels mettent en évidence une supériorité désormais contestée dans un espace aérien de plus en plus saturé, limitant la manœuvre des aéronefs dans la profondeur. 

Dans ce contexte, l’artillerie, permanente et adaptée à toutes les conditions, demeure un moyen robuste pour produire des effets. Dotées d’une gamme complète de munitions, les unités d’artillerie maîtrisent la précision et la nature de leurs actions, contribuant ainsi à réduire les risques pour la troupe appuyée et limiter les dommages collatéraux.

Aujourd’hui, l’artillerie cherche à tirer toujours plus loin, plus vite, en combinant masse et précision. Pour répondre à l’exigence du combat moderne et au rythme élevé des évolutions technologiques, elle diversifie ses moyens : systèmes de lutte anti-drone avec des munitions de 20, 30 et 40 mm, drones intercepteurs de drones, mortiers embarqués ou encore munitions téléopérées de moyenne et longue portée. 

Elle bénéficiera également des apports de l’intelligence artificielle pour réduire davantage la boucle “acquisition-feux”, un enjeu pour la 19e brigade d’artillerie. Cet échelon d’intégration des feux a été créé en 2024 pour agir au profit des 1re et 3e divisions et du 1er corps d’armée.

Innovation opérationnelle : un robot terrestre armé est mis en œuvre par un militaire lors d’un exercice, illustrant l’intégration des technologies dans les capacités de combat de l’armée de Terre.

La cavalerie

La doctrine de la cavalerie repose sur la combinaison de la mobilité, de la puissance de feu et de la protection afin de générer un effet de choc ou de dissuasion rapide sur l’ennemi. Conçue pour créer ou relancer le mouvement dans des situations de blocage tactique, cette arme du duel délivre des feux précis, y compris en mouvement. 

Face à l’évolution des menaces (transparence accrue du champ de bataille, extension à la 3D), la cavalerie blindée adapte ses formats et sa doctrine afin de conserver sa capacité à emporter la décision. En profonde transformation, elle bénéficiera, au cours de la prochaine décennie, de l’arrivée progressive de nouveaux équipements (char Leclerc XLR, Jaguar, Véhicule blindé d’aide à l’engagement, radar Murin, drones) et de nouvelles munitions (MMP, MTO). 

Par exemple, le nouvel obus flèche à haute performance Shard, destiné au char Leclerc XLR, offre une portée maximale de 4000 mètres ainsi qu’une capacité de pénétration supérieure de 15 % par rapport aux obus actuels. Par ailleurs, la généralisation du drone au sein de toutes ses unités renforce les capacités de renseignement, au profit des feux (tir au-delà de la vue directe – TAVD – avec MTO et MMP), comme de la manœuvre.

Un soldat pointe un brouilleur Nerod dans le ciel, accompagné d'un canon Proteus, pour se défendre en cas d'attaque de drone.

L'infanterie

Reine des batailles”, l’infanterie agit au contact pour conquérir et maîtriser le milieu. Aujourd’hui, elle cherche à augmenter la puissance et l’allonge de ses feux. Après s’être dotée d’appuis feux indirects avec une densification des mortiers de 120 mm, et de capacités antichars moyenne portée à capacité TAVD avec le système d’arme Akeron MP, l’infanterie sera équipée dès 2026 de munitions téléopérées courte portée Damoclès (5 km).

Elle complète sa trame par une dronisation (ISR, d’attaque) et une robotisation accélérées. D’ici fin 2026, certaines unités recevront leurs premières plateformes terrestres armées. Au-delà de la contrainte liée au manque d’effectifs, le recours à un opérateur unique pilotant des essaims de systèmes permet d’accroître la létalité tout en saturant les dispositifs de défense adverses

Cette capacité s’applique à tous les environnements – urbains, cloisonnés, ouverts ou encore aux zones de tranchées. Face à cette évolution des modes d’action, l’infanterie développe en parallèle des capacités complémentaires de lutte anti-drones.

"Action aéroterrestre future"

Pour l’armée de Terre, la victoire repose sur la capacité à combiner efficacement les effets interarmes et interarmées dans un environnement désormais multi-milieux et multi-champs, afin de répondre aux nouvelles formes de la conflictualité, en particulier en haute intensité, face à un ennemi à parité voire supérieurs dans certains domaines. 

Publié en décembre 2025 par le Commandement du combat futur, le document prospectif Action aéroterrestre future trace les contours de l’engagement aéroterrestre à l’horizon 2040. Il constitue « la boussole stratégique de la transformation capacitaire de l’armée de Terre », selon le colonel François-Régis Dabas, directeur du Centre d’études stratégiques Terre.

Parmi les priorités de l’armée de Terre figure la conquête de la supériorité des feux, tant au contact que dans la profondeur. L’un des défis majeurs consiste à accéder aux théâtres d’opérations et à s’y maintenir malgré les dispositifs adverses de déni d’accès et d’interdiction de zone, qui génèrent une attrition importante avant même l’engagement sur la ligne de front.

« Pour y parvenir, nous devons combiner des feux massifs, capables de saturer les défenses adverses, et des feux de précision pour percer et atteindre les objectifs. Cela suppose de mobiliser des moyens variés, notamment les feux dans la profondeur et les drones aériens. Une coordination parfaite de l’ensemble des acteurs, notamment dans la troisième dimension, est indispensable », souligne le colonel. 

Au-delà des actions menées dans la basse couche et dans la profondeur, l’action aéroterrestre s’inscrit désormais dans l’ensemble des espaces de confrontation.

La létalité des feux sur le champ de bataille

Illustration des feux comprenant la position et la portée des effecteurs. En disposant d'une trame compète et létale, l'armée de Terre agit au contact comme en profondeur.

"La symphonie des feux"

L’exercice Dynamic Front 26, fin janvier, a réuni une quinzaine de nations de l’Otan pour éprouver l'interopérabilité de leurs feux. En Roumanie, déployé avec des canons Caesar, des lance-roquettes unitaires, des missiles Mistral et des moyens d’acquisition, un groupement tactique d’artillerie articulé autour du 40e régiment d’artillerie a testé sa chaîne de commandement tout en travaillant à accélérer la boucle renseignement-acquisition-feux.

Plusieurs missiles s'élèvent dans le ciel, laissant derrières elles une fumée épaisse.

Haut-Karabakh, Ukraine : les conflits actuels rappellent la nécessité de disposer de feux capables de produire des effets dans la profondeur. Tout comme ses partenaires de l’Alliance, la France possède des systèmes d’armes performants et s'appuie sur une doctrine complète et éprouvée. Afin d’obtenir la masse et la précision indispensables pour un engagement de haute intensité, les alliés doivent être pleinement interopérables

Les progrès en matière de coordination et d’efficacité reposent tant sur l’innovation que sur la répétition des entraînements autour d’exercices Otan. « À l’image d’un orchestre, chacun doit connaître sa partition ; il faut s’entraîner ensemble pour tendre à plus d’harmonie », ajoute le lieutenant- colonel Thibaut, chef du BOI du 40e régiment d’artillerie (40 e RA), officier de liaison au sein de la 69e brigade d’artillerie roumaine au cours de Dynamic Front

Conduit sous l’autorité du corps multinational sud-est de l’Otan, l’exercice d’artillerie multinational Dynamic Front 26, organisé du 26 janvier au 13 février en Roumanie a rassemblé une quinzaine de nations alliées

La France, représentée principalement par des moyens issus de la 2e brigade blindée, a engagé des éléments de commandement, ainsi qu’une batterie de canons Caesar, des moyens d’acquisition - tels que le drone DT46 et le radar Murin - et une section de défense sol-air Mistral du 40e RA. Ce dispositif était complété par une section de trois lance-roquettes unitaires du 1er régiment d’artillerie.

Deux soldats reportent des coordonnées de tirs pour mener des tirs avec un canon Caesar.

Multiplicateur de puissance

Intégrées au Forward Land Forces Battle Group (bataillon multinational de l’Otan), les unités françaises ont réalisé plusieurs tirs d’obus de 155 mm sur le site de Cincu, ainsi que 2 tirs de missiles Mistral et 6 tirs de roquettes longue portée M31 à Capu Midia. Outre la démonstration de puissance, Dynamic Front est avant tout centré sur l’entraînement des chaînes de commandement, du niveau bataillon au niveau corps d’armée.

Le poste de commandement régimentaire du 40e RA avait pour objectifs de planifier et conduire des missions feux avec ses partenaires multinationaux, de planifier et coordonner les opérations logistiques sur le plan des ravitaillements (carburant, munitions, etc.), de la maintenance et du soutien sanitaire. 

Il a aussi contribué au bon fonctionnement du protocole ASCA (Artillery Systems Cooperation Activities), une interface numérique intégrant l’ensemble des systèmes nationaux de localisation et de ciblage. « Cette passerelle permet aux pays membres d’utiliser le meilleur effecteur. Un canon américain peut, par exemple, tirer à partir d’éléments fournis par un drone DT46 français ». 

C’est un multiplicateur de puissance pour produire des effets létaux et non létaux sur le terrain. Au regard de l’évolution des conflits modernes, l’enjeu majeur est par ailleurs d’accélérer la boucle renseignement-acquisition-feux pour conserver la supériorité sur le champ de bataille. « La norme actuelle est d’environ dix minutes et on doit tendre à passer sous les cinq minutes », complète le lieutenant-colonel.

Deux soldats français exécutent des tirs d'entraînement avec un canon Caesar. 

L’esprit pionnier

Dans cette dynamique interalliée, l’apport français ne se limite pas aux procédures et aux interfaces : sur le terrain, les unités d’appui-feu tirent elles aussi les enseignements de la haute intensité. Régiment d’appui feu de la 2e brigade blindée, le 40e RA capitalise sur son expérience acquise en Irak au sein de la Task Force Wagram et sur les enseignements du conflit ukrainien. 

Fort de sa maîtrise de différents systèmes d’armes (canon AUF1, Caesar, mortier de 120 mm), il adapte en permanence son appui à la manœuvre de la brigade et à ses modes d’action : réaction et survivabilité face à un tir de contre-batterie, fabrication de drones sur le terrain ou bien encore emploi de réservistes. 

« Trois d’entre eux ont participé à Dynamic Front 26, dont un tireur Mistral qui a réalisé un coup au but lors du tir de sa pièce », précise le lieutenant-colonel. Dans l’attente de la livraison de l’obus Katana, qui doit accroître la portée de tir des Caesar, le 40ᵉ régiment d’artillerie cultive l’esprit pionnier. 

En partenariat avec un allié, il étudie la conception d’un caisson destiné au transport de munitions de 120 mm et 155 mm déconditionnées. Ce dispositif permettrait de réduire le temps de ravitaillement et, par conséquent, la vulnérabilité des unités lors de ces phases.

"Cherche, cible et frappe !"

Créée pour agir dans la profondeur par le feu, la 19e brigade d’artillerie a franchi un jalon clé lors de l’exercice Toll 25, en novembre dernier. À Canjuers puis sur l’île du Levant, tir avec le LRU, défense sol-air Mistral et drones d’acquisition ont été synchronisés pour raccourcir la boucle acquisition-renseignement-feux.

Deux soldats installent un drone sur une rampe de lancement.

« À vos postes ! » Les néons blancs s’éteignent et le centre des opérations bascule dans une obscurité, teintée de rouge. Sous la toile de tente, la tension est palpable. Détecté par le radar Cobra, un tir d’artillerie ennemi menace de frapper les troupes amies. 

Mercredi 26 novembre, implanté sur les hauteurs de l’île du Levant au large de Toulon, le poste de commandement régimentaire du 1er régiment d’artillerie combat aux ordres de la 19e brigade d’artillerie (19e Brigart). Objectif : comprendre, frapper, survivre. D’abord se soustraire à la menace, localiser l’origine du tir et déclencher la contre-batterie avec les lance-roquettes unitaires (LRU). 

La pression monte encore d’un cran avec le survol d’aéronefs hostiles sur une autre position nécessitant des tirs de missiles Mistral du 54e régiment d’artillerie. Derrière leurs écrans, les artilleurs suivent le déroulement des actions en temps réel. Courts et précis, leurs comptes rendus arrivent au “chef ops”, le chef d’orchestre de la tactique. 

Préserver les troupes tout en infligeant des pertes à l’ennemi, un exercice où réactivité et stratégie riment avec supériorité. Cette activité fait partie des vignettes tactiques de l’exercice Toll 25. « Cherche, cible et frappe » : devise de la brigade, c’est le leitmotiv de la manœuvre, qui a mobilisé, du 10 au 28 novembre, 260 soldats et 80 véhicules de la 19e Brigart à Canjuers puis sur l’île du Levant. 

« Créée il y a tout juste un an, elle participe ici à son premier exercice avec l’ensemble de ses moyens autour d’un scénario de haute intensité. Jalon dans sa montée en puissance, il combine le renforcement de l’interopérabilité entre nos unités, des tirs réels et des expérimentations », explique le général Marc Galan, commandant la 19e Brigart. 

Dans un poste de commandement éclairé à la lumière discrète rouge, les militaires exécutent les ordres tactiques de haute intensité. 

Trois chaînes complémentaires

Tout comme la brigade d’aérocombat et la brigade de renseignement et cyber électronique, la 19e brigade d’artillerie est placée sous les ordres du Commandement des actions dans la profondeur et du renseignement

Pensée pour appuyer une division projetable en 2027 puis un corps d’armée en 2030, elle est une expression concrète de l’ambition pour l’armée de Terre d’assumer le rôle de nation-cadre dans ses engagements en coalition

La brigade concentre des moyens spécialisés pour détecter, protéger et frapper dans la profondeur. « Sa mission consiste à affaiblir la force adverse au maximum avant d’engager nos premières lignes », rappelle le général Marc Galan. En haute intensité, cette phase conditionne la suite : sans elle, le risque est de subir une attrition importante avant même d’atteindre la zone de contact. 

Pour tenir ce rôle, la 19e Brigart articule ses régiments autour de trois chaînes complémentaires :

  • L’acquisition d’abord, avec le 61e régiment d’artillerie (61e RA), doté de drones d’allonges graduelles (Parrot Anafi, SMDR, DT46) pour repérer, qualifier et suivre les objectifs
  • La frappe ensuite, portée par le 1er régiment d’artillerie (1er RA) : ses radars Cobra remontent l’origine des tirs adverses et ses LRU permettent la riposte et le tir dans la profondeur, selon la munition engagée. 
  • La protection enfin, assurée par le 54e régiment d’artillerie (54e RA), avec ses postes Mistral, ses radars NC1 et son CMD3D (Centre de management de la Défense dans la 3e dimension), pour défendre la force contre la menace aérienne et contribuer à la lutte anti-drones. 

En parallèle, diverses expérimentations ont été menées avec l’emploi de drones intercepteurs de drones FPV pour améliorer les techniques de lutte contre ces vecteurs. Les munitions téléopérées Veloce 330 et Rodeur 330 ont été évaluées sur le plan technique par les équipes du 1er RA et du 61e RA.


 

Au bord de la mer, sur l'île du Levant, une pièce Mistrale montée sur un véhicule tir un missile s'élevant dans les airs.

Gagner du temps est un acte de combat

Dans un contexte de haute intensité, ces munitions télé-opérées de moyenne et longue portée permettent de neutraliser des cibles à haute valeur ajoutée. « Complémentaires des capacités de frappe dans la profondeur de la brigade, elles sont désormais indispensables pour accélérer la boucle acquisition-renseignement-feux », rapporte le colonel Olivier Leduc, chef de corps du 1er RA. 

L’île du Levant, occupée en partie par la Direction générale de l’armement, offre un cadre idéal tant pour ces essais que pour les tirs. La 19e Brigart bénéficie d’infrastructures adaptées et sécurisées et dispose de cibles de choix telles que les bouées instrumentées, simulant des batteries ennemies pour l’entraînement des équipages de LRU, ou encore des cibles aériennes Banshee, propulsées par un moteur thermique, pour entraîner les pièces Mistral. 

Le dispositif est complété par des radars de trajectographie et des coupoles optiques qui permettent de suivre la trajectoire des missiles et des roquettes et d’en contrôler le résultat : 17 secondes pour neutraliser un aéronef à 2 km avec un missile Mistral. Trois minutes entre l’ordre de tir et la destruction pour un tir de roquettes M31 de 227 mm (munition du LRU), guidées par GPS. 

Pour réduire les délais de la séquence détection-destruction, le 61e RA avec ses drones DT 46 est directement intégré à la chaîne Atlas, un système informatique d’appui-feu interarmées qui coordonne et synchronise les capteurs, décideurs et effecteurs de la brigade. Pour les artilleurs de la 19e Brigart, gagner du temps est un acte de combat qui fait la différence sur le champ de bataille.